dimanche 28 février 2021

Exploitation Minière: Une bombe à Retardement dans un Paradis de Plein Air

Mine de graphite du projet La Loutre
 

Exploitation minière: Une bombe à retardement dans un paradis de plein air

Édition du 28 février 2021

La Presse

En autorisant un mégaprojet de mine à ciel ouvert tout près du parc du Mont-Tremblant, Québec ouvre grande la porte à l’exploitation minière dans le sud du Québec

Peu de gens le savent, mais les territoires des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais renferment les principaux gisements de graphite au Canada. Le projet tout juste autorisé de mine à ciel ouvert de Nouveau Monde Graphite aura une empreinte considérable sur l’environnement. La compagnie prévoit une fosse de 2,7 km de longueur par 250 mètres de profondeur, ce qui en ferait la plus importante mine de graphite du continent. Et c’est sans compter les montagnes de résidus toxiques et les bassins de décantation.

L’empressement de Québec de donner son autorisation alors que de nombreuses demandes du BAPE n’ont pas reçu de réponses en dit long sur la priorité que le gouvernement accorde à son Plan de valorisation des minéraux critiques et stratégiques. Québec, déjà copropriétaire de Nemaska Lithium, peut maintenant remplir sa promesse d’approvisionnement à toute multinationale qui voudrait implanter ici une méga-usine de batteries de véhicules électriques (BVE).

Déjà, un vaste réseau de claims miniers parcourt ces territoires de plein air, de récréotourisme et de villégiature qui, depuis la pandémie, sont plus que jamais devenus l’oxygène des citadins. Certains projets sont au niveau des forages et des études de préfaisabilité et pourraient se développer rapidement.

Particulièrement à risque sont les lacs et les rivières, les réserves fauniques, les terres de la Couronne et tous les terrains qui les bordent. Un très grand nombre de villégiateurs pourraient se retrouver avec des voisins des plus indésirables.

Depuis deux ans, Québec se positionne dans la course mondiale aux solutions de rechange à l’or noir. L’argument est simple : nous avons au Québec tous les minéraux critiques et stratégiques nécessaires pour alimenter la plus grande des usines de batteries, de même que des tarifs d’électricité compétitifs. Ce marché, actuellement contrôlé par la Chine, fait saliver les Américains. Le 30 septembre dernier, Donald Trump a signé un décret exécutif encourageant le développement de projets miniers de minéraux critiques et stratégiques à travers l’Amérique, décret qui a depuis été bonifié et chiffré par Joe Biden. C’est maintenant une question de sécurité nationale pour les États-Unis et, bien sûr, de gros sous.

Une annonce-surprise à venir ?

Le gouvernement Legault parle très peu de ce dossier, qui est en voie de devenir son principal projet économique, la stratégie étant probablement d’arriver avec une annonce-surprise de l’implantation d’un géant des batteries de véhicules électriques. Bien sûr, le gouvernement pense création d’emplois, mais la question à laquelle on n’a pas répondu (en bonne partie parce qu’elle n’a pas été posée), c’est : à quel coût pour la nature et les collectivités locales ?

Au Québec, l’industrie minière représente une activité économique importante, mais comme tout se passe dans le Nord ou dans le Grand Nord, très peu de gens en comprennent les règles et le fonctionnement. Avec l’arrivée de mines dans le Sud, les citoyens vont en apprendre plus sur la prépondérance de la Loi sur les mines, surtout sur tout ce qui touche l’aménagement du territoire.

Il ne faut alors pas se surprendre de toute la publicité que l’industrie minière se paie actuellement dans les grands médias pour vanter ses bienfaits.

Le règlement des Territoires incompatibles à l’activité minière peut permettre aux municipalités régionales de comté (MRC) de soustraire certains territoires au domaine minier en zone plus urbanisée mais, dans la pratique, il s’avère très inefficace. Les critères pour définir les territoires incompatibles à l’activité minière sont tellement restrictifs qu’un nombre très limité de MRC sont parvenues à faire accepter leurs cartes. La Loi sur les mines ayant préséance sur leur schéma d’aménagement, les MRC ne peuvent protéger de vastes territoires importants pour leurs citoyens. Un exemple : tout juste à l’ouest de Montréal, la MRC de Vaudreuil-Soulanges, qui compte 160 000 personnes, n’arrive pas à soustraire le mont Rigaud de l’activité minière. Si on n’arrive pas à protéger le mont Rigaud, imaginez ce qu’il pourrait advenir des joyaux de la Couronne que sont les montagnes et les cours d’eau des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais.

Le 25 février 2020, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Julien, disait réfléchir à des modifications à la Loi sur les mines et aux règles des Territoires incompatibles à l’activité minière. C’était tout juste avant la pandémie. Depuis, silence radio. Avec l’autorisation du projet de Nouveau Monde Graphite un an plus tard, le gouvernement vient de parler. Les multinationales ont compris. Pour les citoyens, enfermés dans l’actualité pandémique, il pourrait être trop tard.




 

samedi 27 février 2021

Le lac Simon Révèle ses Secrets

 

Le lac Simon révèle ses secrets
Benoit Sabourin
27 février 2021
 
Les circonstances qui ont entraîné le naufrage d’un bateau à vapeur dont l’épave dort depuis des décennies dans les profondeurs du lac Simon, dans la Petite-Nation, seront prochainement connues du grand public.

Une équipe de tournage du Groupe PVP était de passage à Duhamel, du 15 au 17 février, afin d’enregistrer un épisode de la série documentaire Mystères des lacs, qui sera diffusée l’été prochain sur les ondes d’Unis TV.

L’épisode en question portera sur une épave qui repose sous l’eau, à une cinquantaine de pieds au large de la plage du Centre touristique du Lac-Simon, en Outaouais.

Idéateur, recherchiste, consultant, coscénariste et personnage principal, avec le réputé plongeur et explorateur Mario Cyr, de la série télévisée Mystères des lacs, Samuel Côté est le seul chasseur d’épaves à vivre exclusivement de ses recherches au Québec.

« L’épave du lac Simon est connue par les plongeurs, mais on ne peut pas en dire autant de son histoire. C’est ce qui m’a intéressé avec ce cas », lance Samuel Côté.

Le travail de recherche pour documenter l’embarcation de 50 pieds de long qui aurait coulé avant les années 1960 – on ignore la date exacte de son naufrage – n’a pas été de tout repos, reconnaît l’historien maritime de 36 ans qui est natif de la petite municipalité de Price, dans le Bas-Saint-Laurent, et dont la passion pour la collecte de données sur les épaves remonte à l’adolescence.

 

vendredi 8 janvier 2021

Un Centre de Villégiature écotouristique dans les Cartons à Lac-Simon !?

 


Un centre de villégiature écotouristique dans les cartons à Lac-Simon 
Benoit Sabourin
8 janvier 2021 
 
La municipalité de Lac-Simon, dont la réputation de «paradis du vacancier» n’est plus à faire, pourrait bien accueillir une nouvelle attraction d’envergure sur son territoire dès l’été prochain, alors que des investisseurs privés projettent de développer un centre de villégiature en pleine forêt, aux abords de la rivière de la Petite-Nation, à un jet de pierre des chutes Lockbow, a appris Le Droit.

Le projet de «parc écotouristique des chutes Oxbow» – il s’agit du nom alternatif donné aux chutes Lockbow – est mené par Normand Turcotte et Marie Morin.

André Piché, directeur général du Parc des chutes Coulonge, ce centre d’interprétation de la drave et parc d’aventures aériennes situé dans le Pontiac, est aussi partenaire du projet dont le montage financier est estimé à 2,7 M$.

M. Piché a également travaillé durant 11 ans pour l’entreprise Prisme Canada qui est notamment réputée pour avoir développé les circuits via ferrata du Mont-Tremblant, du Fjord du Saguenay et de la chute Montmorency.

M. Turcotte et Mme Morin sont propriétaires depuis 2001 d’une immense propriété de 130 acres située entre la route 315 et la rivière Petite-Nation. Ce n’est qu’à l’automne dernier, après quelques tentatives de mises sur le marché infructueuses, que l’idée de transformer leur vaste terrain longeant l’affluent sur une distance de 1,8 kilomètre en futur parc écotouristique a pris naissance. (...)

mercredi 30 septembre 2020

Développement minier: des intervenants de la Petite-Nation rencontreront le ministre Julien

 NON à la mine La Loutre de Lomiko !  

 

Développement minier: des intervenants de la Petite-Nation rencontreront le ministre Julien
Benoit Sabourin
28 septembre 2020
Le Droit
 
Inquiets quant à l’arrivée d’un éventuel développement minier dans la région, la MRC de Papineau et le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation (RPLPN) auront finalement la chance d’avoir l’oreille attentive du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, lors d’une rencontre qui se tiendra dans deux semaines.

Le porte-parole RPLPN, Louis St-Hilaire, le maire de Duhamel, David Pharand, et le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, auront l’occasion de faire entendre leurs revendications sur les Territoires incompatibles avec l’activité minière (TIAM) auprès du ministre Julien le 8 octobre, a confirmé au Droit M. Lauzon. La rencontre devait se tenir à Québec, mais c’était avant que le gouvernement Legault annonce lundi le renforcement des mesures sanitaires pour la région de la Capitale-Nationale. La réunion se tiendra donc de manière virtuelle, a indiqué M. Lauzon.

Ce tête-à-tête avec le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec avait été demandé en mars dernier, avant le début de la pandémie, par les intervenants concernés de la Petite-Nation qui s’inquiètent de voir s’installer dans la région des entreprises minières ces prochaines années.

Le 19 février dernier, la MRC de Papineau, le RPLPN, qui représente huit associations de riverains de la Petite-Nation soit l’équivalent de quelque 1000 membres, et le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais avaient fait front commun lors d’un point de presse tenu à Montebello pour demander au ministre Julien de prendre en compte les préoccupations de la communauté dans le cadre de la Réflexion sur la mise en valeur des minéraux critiques et stratégiques. Les trois organisations avaient profité de la vaste consultation panquébécoise pour déposer des mémoires auprès du ministère.

La région de Papineau intéresse plusieurs minières, comme en font foi le nombre de titres miniers répertoriés sur le territoire, selon les intervenants. Le projet de mine de graphite La Loutre, piloté par l’entreprise Lomiko Metals et projeté près du lac Gagnon, entre Duhamel et Lac-des-Plages, inquiète les résidents du secteur, même s’il n’est qu’au stade exploratoire depuis déjà quelques années.

Le possible boom minier à venir en lien avec l’électrification des transports au Québec n’aide en rien pour calmer l’inquiétude de la population.

Davantage de territoire protégé

Dans son mémoire présenté au ministère en février, la MRC de Papineau soutenait notamment que les gouvernements de proximité, comme les Municipalités régionales de comté, devaient disposer d’un plus grand pouvoir dans la gestion des usages des territoires. Le schéma d’aménagement de la MRC doit avoir prédominance sur la Loi sur les mines, faisait valoir la Municipalité régionale de comté. Ce point sera abordé lors de la rencontre avec le ministre Julien, affirme M. Lauzon.

« Nous ne sommes pas contre les mines, mais chaque chose doit être à sa place. »
Benoît Lauzon

«On veut vraiment avoir plus de latitude pour la protection de notre territoire. Ce qui est important de comprendre, c’est que nous ne sommes pas contre les mines, mais chaque chose doit être à sa place. On veut protéger nos lacs, nos rivières, nos routes, nos milieux villageois et nos terres agricoles dans Papineau», indique le préfet de la MRC de Papineau.

Benoît Lauzon a confiance que la rencontre du 8 octobre donnera des résultats. Un comité de travail formé à la suite de la conférence de presse de février a mis en place un dossier solide pour convaincre le gouvernement de ses arguments, dit-il.

«Si le ministre accepte de nous rencontrer, c’est parce qu’il a pris connaissance de notre mémoire et que nous avons bien travaillé notre dossier. On veut s’asseoir avec lui et lui expliquer notre vision. Ce qui est important pour nous, c’est d’avoir une écoute de sa part parce que notre travail au niveau des TIAM est terminé. La demande sur laquelle on va vraiment travailler, c’est de voir entre 8% à 10% de plus de notre territoire devenir incompatible avec les activités minières. Ce n’est pas énorme, mais c’est extrêmement important pour Papineau», explique le préfet Lauzon.

De son côté, le RPLPN, qui réclame que les activités minières soient interdites dans les zones désignées par la MRC Papineau comme étant réservées à la villégiature, au récréotourisme, à l’écotourisme et à la foresterie, dit avoir reçu, par voie de résolution, le soutien des municipalités de Plaisance, Papineauville, Montebello, Saint-André-Avellin, Notre-Dame-de-Bonsecours, Ripon, Montpellier, Chénéville, Lac-Simon et Duhamel. C’est sans compter l’appui de nombreux organismes du milieu.

Le porte-parole du regroupement, Louis St-Hilaire, a indiqué par courriel qu’il «entend démontrer au ministre qu’il n’y a aucune acceptabilité sociale pour le développement minier dans la Petite-Nation