Le maire de Lac-des-Plages, Jérémie Vachon
Anaïs Desjardins, avec des informations d'Ann-Sophie Gagné
29 mars 2026
Radio Canada
Radio Canada
L'indignation des opposants au projet La Loutre grandit. Cette mine pourrait exploiter deux fois la quantité de graphite prévue initialement, et ce, pendant deux fois plus longtemps, selon une nouvelle étude de faisabilité de l’entreprise Lomiko Metals.
Les citoyens déjà opposés au projet craignent l’ampleur des répercussions environnementales de ce changement de cap.
« Nos lacs, nos rivières, nos paysages, c’est notre richesse. » C’est la phrase que le maire de Duhamel, David Pharand, entend chaque semaine de la part de citoyens.
La population voudrait pouvoir choisir la manière dont la ville s’enrichit.
« L’arrivée d’une mine nous attache les mains dans le dos en matière de développement, » dit-il.
Certains résidents estiment même que ce projet ralentit la croissance économique de la municipalité.
« C’est une région où la nature est au premier plan. […] On sait qu’il y a une possibilité qu’il y ait une mine en haut des bassins versants entourés de lacs. Et il pourrait y avoir un incident, » explique Pierre Vallières, résident de Lac-des-Plages depuis trente ans.
Un changement de cap critiqué
Mardi, une nouvelle déception s’est abattue sur la région. Selon une étude de faisabilité publiée par l’entreprise Lomiko Metals, la mine de graphite à ciel ouvert pourrait être exploitée pendant 28 ans. C’est presque le double de la durée de vie jusqu’alors estimée.
Selon la même étude, 48,6 millions de tonnes de graphite seront extraites au cours de la durée de vie de la mine. En 2021, le projet visait une exploitation de moitié, chiffrée à 21,9 millions de tonnes.
L'entreprise Lomiko Metals n'a pas répondu à la demande d'entrevue de Radio-Canada.
Dans une publication sur Facebook, elle explique que ces changements « ont été apportés à la conception du projet afin de répondre aux principales préoccupations exprimées par la communauté. »
« C’est peut-être une bonne nouvelle pour Lomiko et ses investisseurs, mais pas pour la population. C’est deux fois plus de pollution, deux fois plus de nuisance. C’est deux fois plus de volonté de la population de s’affirmer plus fort, » explique M. Pharand.
En août, les résidents des cinq municipalités de l’Alliance des municipalités de la Petite Nation Nord ont rejeté le projet minier La Loutre lors d'un référendum. Les municipalités de Duhamel et de Lac-Simon ont rejeté à 98 % ce projet minier.
« C’était considéré comme monstrueux. Là, je ne sais pas c’est quoi, » critique le président du regroupement de Protection des lacs de la Petite-Nation, Louis St-Hilaire. Il dénonce le fait que ce projet continue son développement en dépit du manque d’acceptabilité sociale.
Ce constat est partagé par tous les citoyens rencontrés par Radio-Canada samedi, qui souhaitent que ce projet minier ne voie pas le jour.
« On ne se sent pas écoutés »
« On ne se sent pas écoutés, » dit Pierre Vallières. Chaque fois que [Lomiko Metals] nous dit un message, quelque temps après, ils font le contraire. On est très conscients qu’ils veulent faire plaisir aux actionnaires, poursuit-il.
L'été dernier, Lomiko Metals s’est retirée du processus consultatif organisé par les municipalités de la Petite Nation. Des trois rencontres prévues entre les citoyens et l’entreprise, une seule a eu lieu. Plusieurs mobilisations se sont organisées depuis.
« Je viens de l’Abitibi. […] J’ai goûté au soufre dans l’air dans la mine. Je sais ça ressemble à quoi, c’est gros comment, » dit une résidente du lac Bélisle à Saint-André-Avellin, France Girard. La mine sera d'une superficie d'une fois et demie le lac des Plages ou le mont Royal, ajoute-t-elle.
La nouvelle étude de faisabilité prévoit des retombées financières nettes de 617,4 millions de dollars. Mais pour Mme Girard, les répercussions environnementales dépassent les retombées économiques.
« C’est pas comme si on disait : "On ne veut pas ça dans notre cour, allez mettre ça ailleurs." On a déjà l’industrie forestière. […] Pour amener en plus l’industrie minière, ça n'a aucun sens, aussi près des centres urbains, » poursuit-elle.
Le député de Papineau, Mathieu Lacombe, n’appuie pas ce projet.
« Les citoyens de la Petite Nation n’en veulent pas et le gouvernement du Québec a déjà été clair à savoir qu’il n’y investirait pas, » précise-t-il par réponse écrite.
« Ce dossier-là ne concerne pas seulement la Petite Nation »
Depuis plusieurs années maintenant, l'entreprise Lomiko Metals explore des terrains entre Duhamel et Lac-des-Plages dans l'objectif d'y exploiter du graphite en paillettes, un des minéraux considérés comme critiques et stratégiques par les gouvernements québécois et fédéral.
Il s’agit du septième gisement de graphite en importance au monde, selon le magazine spécialisé Mining .com.
Fin juin, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec a autorisé des travaux d'excavation, qui ont débuté depuis.
Pendant ce temps, le mouvement de contestation contre le projet prend de l'ampleur.
« Ce dossier-là ne concerne pas seulement la Petite Nation. Le graphite, il y en a partout, dans les Laurentides, en Mauricie, dans Lanaudière, » indique Louis St-Hilaire.
Selon lui, il s’agit de la plus grande mobilisation contre un projet minier au Canada. « On s’en va en campagne [électorale provinciale] […], il n’y a pas un gouvernement qui va autoriser un projet dans ces conditions en allant complètement contre une population. Mais pour ça, il faut se mobiliser, dit-il.
Des municipalités se joignent à l'opposition
Le mois dernier, des gens d’affaires et des représentants citoyens ont demandé à la MRC de Papineau de se prononcer contre le projet. Elle doit voter une résolution à cet effet le 15 avril. La Municipalité de Montebello a déjà adopté une telle résolution.
L’activité minière, ce n’est pas une activité qui débarque avec des pantoufles de velours. Quand ça arrive avec de grosses bottes, c’est beaucoup de camions qui voyageraient sur les routes, dit le maire de Lac-des-Plages, Jérémie Vachon.
Comme plusieurs personnes interrogées par Radio-Canada, il cite une sortie du premier ministre François Legault, qui avait dit que l’extraction irait de l’avant uniquement en cas d’acceptabilité sociale.
On n'est pas contre pour être contre. On croit qu’il y a une alternative viable, que ce soit des projets récréotouristiques, d’acériculture, d’aires protégées d’utilisation durable. […] On veut contribuer à l’économie régionale, mais d’une autre façon, qui est compatible avec le caractère de la région, conclut-il.
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𝐒𝐭é𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐋𝐚𝐮𝐳𝐨𝐧
𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐈𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞.
La réaction à la nouvelle étude de Lomiko Metals Inc qui démontrait que son projet minier contenait pratiquement 2 fois plus de réserves que prévu et une durée de vie qui passait de 15 à 28 ans a été gigantesque. Jamais même au cœur de référendum on a eu autant de visites et de réactions sur une de nos publications. Beaucoup de questions de votre part et malheureusement le document fourni par Lomiko ne permet pas de répondre à plusieurs d'entre elles, en particulier celles sur la taille et la profondeur des fosses minières ainsi que la hauteur des deux parcs de résidus miniers qui ont inévitablement augmenté en multipliant les risques.
Par contre, aujourd'hui on peut répondre à la question qui est revenue souvent sur ce qui s'est passé depuis le référendum. Vous nous demandez aussi ce que vous pouvez faire.
On vous en fait un résumé:
1) Première chose, Lomiko, qui est une compagnie publique, n'a même pas commenté les résultats du référendum et fait depuis comme s'il n'avait pas eu lieu. Les relations entre Lomiko et les citoyens sont inexistantes. La compagnie n'a aucun employé de la région avec qui on peut échanger en personne. Même pendant le référendum ils ne se sont pas présentés , tout au plus ont-ils proposés 2-3 meeting en Zoom auquels il y avait moins de présences que de doigts d'une main.
La seule façon pour les citoyens de communiquer avec eux c'est a travers l'Internet. Ils ne trouvent même pas moyen de venir nous rencontrer pour nous présenter en personne leur nouvelle étude alors que le projet double de taille. Tout ça alors que leur slogan, toujours affiché sur leur site web, demeure " Une entreprise à l'écoute des personnes ". On pourrait leur suggérer: " Une entreprise fuyante à l'écoute de ses seuls investisseurs "
2) Suite au référendum, David Pharand de l'Alliance des Municipalités Petite-Nation Nord et Louis St-Hilaire du Regroupement ont rencontré notre député M. Mathieu Lacombe. Celui-ci nous a réitéré son appui et on le remercie. On lui a demandé de nous coordonner une réunion avec le nouveau ministre des Richesses Naturelles, M. Jean-Francois Simard. Quelques jours plus tard, la rencontre était organisée.
3) Pour la rencontre avec le ministre, étaient présents David Pharand de l'Alliance, Geneviève Gagnon du groupe des gens d'affaires contre le projet minier la Loutre et Louis St-Hilaire du Regroupement. On lui a expliqué les résultats du référendum et lui a demandé de retirer ses claims à Lomiko, ce qu'un article de la Loi des Mines l'autorise à faire. La réponse est venue quelques semaines plus tard. Le bureau du ministre nous a annoncé qu'il n'allait pas retirer les claims mais allait conserver sa position de ne pas investir dans la mine.
4) Suite au référendum, les 5 municipalités de L'Alliance des Municipalités Petite-Nation Nord ont pris position contre le projet minier et ont été actifs dans deux volets:
• la mise en place d'un comité scientifique, économique et multi-secteurs pour étudier tous les aspects de ce projet minier afin d'être prêts pour un éventuel BAPE
• l'étude avancée d'une alternative économique durable sur le territoire de la mine.
On pense que si ce projet se rend à un BAPE jamais une communauté n'aura été aussi préparée pour s'y présenter.
5) Geneviève Gagnon et Louis St-Hilaire ont fait une présentation au Conseil des 25 Maires de la MRC Papineau pour leur demander de se prononcer contre le projet minier. On s'attend à recevoir une réponse vers la mi-avril. On vous tient au courant.
7) Le Regroupement est très impliqué dans les projets d'aire-protégées dans la MRC Papineau. Nous supportons un des projets actuellement à l'étude qui se situe sur le territoire de Lomiko et qui pourrait constituer une alternative économique des plus intéressantes puisqu'il permettrait la pratique de l'acériculture sur terre publique à grande échelle sur ce territoire très propice tel que les études en cours de l'ISFORT le démontre.
6) Le Regroupement a aussi des contacts avec de nombreux médias qui suivent le dossier, ( on a même eu un article du Guardian de Londres ) et d'autres articles sont à venir.
Bref , on continue de tout faire pour empêcher cette monstruosité de voir le jour chez nous, encore plus depuis qu'on a appris que ce serait 2 fois plus gros. Dans les derniers mois Lomiko est parvenu à faire quelques petites émissions d'actions mais à notre connaissance il n'y a toujours pas d'investisseurs sérieux dans cette compagnie, seulement des spéculateurs et des gens qui recherchent des déductions d'impôt. Le projet continue seulement parce qu’il est supporté par 2 entités qui défraient tout le coût de leurs études. Le Département de la Guerre américain ($8.5M US), et le gouvernement du Canada ($4M CAN) qui a de grands projets pour l'industrie minière et qui la subventionne à coup de centaines de millions.
𝐈𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐬𝐬𝐞𝐳 é𝐭𝐨𝐧𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟é𝐝é𝐫𝐚𝐥 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐃é𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐝'𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐜𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐫 𝐝'𝐚𝐧𝐧𝐞𝐱𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐧𝐚𝐝𝐚.
Nos représentations auprès du gouvernement fédéral n’ont pas été bien entendues. 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞𝐳 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐢𝐞𝐳 𝐚𝐢𝐝𝐞𝐫. Ce serait bon que notre député fédéral, M. Stéphane Lauzon entende ou lise ce que vous pensez de ce projet afin qu'il transmette le message de la région à Ottawa. On vous invite à le contacter par courriel ou par téléphone aux coordonnées suivantes:
𝐒𝐭é𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐋𝐚𝐮𝐳𝐨𝐧
Bureau de comté
104 Maclaren Est suite 201
Gatineau
J8L 1K1
819-281-2626
Stephane.Lauzon@parl.gc.ca
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Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation
La Coalition contre le Projet minier la Loutre
Une nouvelle étude de Lomiko Metals Inc: Une mine 2 fois plus grosse !!!
Continuant d'ignorer l'opinion très claire de la population des 5 municipalités, de la communauté des affaires, de l'UPA, et des associations de pêcheurs, chasseurs, quadistes qui se sont prononcés à 95.5% contre son projet, Lomiko Metals Inc. a aujourd'hui annoncé les résultats de son étude de pré-faisabilité financée par le Département de la Guerre Américain et le gouvernement fédéral du Canada.
C'est un rapport très technique, pas pour le commun des mortels, mais on peut quand même vous résumer quelques informations qu'on y trouve qui rendent ce projet plus dévastateur que jamais pour notre région:
1) D'après résultats de la campagne de forage de 2022, les réserves de minerai ont augmenté de façon significative. La durée de vie de la mine passerait donc de 15 ans à 28 ans.
2) L'opération de la mine se ferait 24hr/24, 303 jours par année ( sauf juillet et août) . Les opérations de broyage du roc ( crushers ) et de traitement se feraient 24hr/24, 365 jours par année. En d'autres mots on va dynamiter plus durant les 10 premiers mois de l'année pour pouvoir broyer et traiter à l'année longue.
3) Le pourcentage de graphite demeure à 4,79%, ce qui veut dire que suite à l'augmentation des réserves les résidus ( 95.2% ) vont aussi doubler. Il en est de même pour les poussières et tous les risques qui viennent avec une opération minière de cette envergure.
4) Les réserves et la durée de vie de la mine ayant pratiquement doublées, Ça veut aussi dire qu'il y aura deux fois plus de transport. Pas lieu de s'inquiéter selon Lomiko, semble t'il, puisque dans leur texte promotionnel qui accompagne l'étude on apprend que le transport va se faire sur un chemin privé jusqu'à l'autoroute . Le voisinage va apprécier.
Très crédible. Un chemin privé jusqu'à quelle autoroute ? La 15 ou la 50 ? On ne peut pas y échapper, il va y avoir du transport lourd en gros volume la 315, 321 et 323 !
Conclusion: Il y a bien sûr bien d'autres informations dans ce rapport mais ce qu'il faut retenir c'est que le projet serait 2 fois plus gros que celui auquel on s'est déjà collectivement opposé à la quasi-unanimité le 31 août dernier.
Notre message à Lomiko et à ses investisseurs étrangers est simple et demeure le même: la population des 5 municipalités et de tous les organismes affectés est plus que jamais opposée à ce projet dévastateur et va continuer de s'y opposer farouchement tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas refusé ou abandonné.
Aux très grand nombre de gens qui ont pris la peine de se déplacer pour manifester leur opposition en votant NON au projet minier lors du référendum de 2025 et qui se demandent ce qui se passe depuis, sachez que le travail se poursuit au niveau politique et que nous sommes confiants que nous allons pouvoir arrêter cette abomination.
Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation
La Coalition contre le Projet minier la Loutre.
Clickez ici pour lire la nouvelle de Lomiko.







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