jeudi 17 juin 2021

Il trouve une ancienne épave d’avion par accident




Il trouve une ancienne épave d’avion par accident 
Francis Pilon
17 juin 2021
 
Un plongeur se retrouve malgré lui au cœur d’un scénario digne d’Hollywood après avoir trouvé au cours des dernières semaines une ancienne épave d’avion au fond du lac Simon en Outaouais.

«Je plonge dans ce lac depuis 2008. C’est le genre de découverte que l’on fait une seule fois dans sa vie. C’est vraiment incroyable», lance avec enthousiasme Mark Sarazen, qui habite dans la MRC de Papineau.

C’est en récoltant du bois au fond de l’eau pour son travail que M. Sarazen s’est retrouvé face à face avec un immense avion jonché au fond du lac Simon en avril dernier.

«C’est sûr que ça surprend. C’est un gros, gros hasard. D’après mes observations, c’est un avion qui date de la Seconde Guerre mondiale. C’est assez étonnant», avoue le plongeur.

ARMÉE IMPLIQUÉE

Selon nos informations, la Sûreté du Québec (SQ) et la l'armée canadienne se penchent désormais sur cette découverte.

La SQ confirme au Journal avoir été avisée qu'un plongeur avait capté des images « d'une masse qui pourrait ressembler à un avion » et qui serait là depuis très longtemps.

Plusieurs vérifications seront faites au cours des prochains jours par les policiers. Des plongeurs pourraient alors être envoyés sur le site. Des muséologues et des archivistes ont même été sollicités par le corps de police pour faire la lumière sur cet événement.

Toutefois, les images captées par Mark Sarazen demeurent secrètes pour le moment.

La SQ et la Défense nationale seraient aussi en discussions pour déterminer qui se chargera des recherches ultérieures dans le lac Simon, qui a une profondeur entre 45 m et 106 m.

DES CADAVRES ET DU KÉROSÈNE

«J’ai plusieurs vidéos et photos de la carlingue partagées avec les policiers. Oui, j’ai vu des corps et des barils de kérosène dans l’avion. J’ai aussi touché l’hélice. Malheureusement, je ne peux rien partager», mentionne Mark Sarazen.

Selon lui, plus de 150 coffres autour de l’épave dorment dans le fond du lac en ce moment. Au moins six hélices ont aussi été trouvées.

«Ils contiennent peut-être des matières dangereuses. On ne le sait pas. Mais pour l’avion, je crois qu’il s’agit d’un hydravion de type Latécoère 631. C’est ce que j’ai constaté en analysant les hublots. Tout ça reste évidemment à confirmer avec l’armée ou les policiers», indique le plongeur.

Il ne s’agit pas de la première péripétie du genre au lac Simon. En 2007, la carcasse d'un hydravion disparu depuis près de 50 ans a finalement été découverte au fond de l’eau. 👇 👇 👇
 
 
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Republic RC-3 SeaBee

november 2007 
 
mai 2008

juillet 2009
 



jeudi 10 juin 2021

Le promoteur d’une fausse carte d'autochtone arrêté

 

Le promoteur d’une fausse carte d'autochtone arrêté
Vincent Larouche
9 juin 2021

Guillaume Carle, le promoteur d’une fausse carte d’autochtone qui a fait des centaines d’adeptes à travers le Québec, a été arrêté mercredi et accusé de fraude ainsi que de possession et utilisation de documents contrefaits.

M. Carle, qui s’est présenté pendant des années comme le « grand chef » de la Confédération des peuples autochtones du Canada, n’est pas reconnu par le gouvernement canadien ni par l’Assemblée des premières nations. Il a été dénoncé par plusieurs leaders des premières nations comme un usurpateur et n’a jamais démontré s’il était lui-même lié à une véritable communauté autochtone.

Une enquête de La Presse avait démontré qu’il vendait une carte censée permettre à son détenteur de faire valoir ses droits ancestraux à titre d’autochtone, notamment en matière de taxes et de chasse. Un Belge, un Québécois d’origine italienne et un immigré du Cameroun avaient pu en obtenir une. Certains usagers disaient l’avoir utilisée pour ne pas payer de taxes lors de transactions commerciales même s’il n’avaient pas le statut d’Indien au sens de la loi.

La Sûreté du Québec, les Peacekeepers de Kahnawake et la police de Châteauguay ont mené une enquête sur son stratagème en partenariat avec le gouvernement fédéral.

« L’enquête démontre que le suspect est à l’origine de la création de la "Confédération des peuples autochtones du Canada (CPAC)". Il aurait créé la carte de la "CPAC" et véhiculé faussement que ses détenteurs bénéficieraient de droits garantis aux autochtones », précisent les corps policiers dans un communiqué.

« Les victimes, qui ont défrayé des coûts reliés à l’adhésion, se sont retrouvées non seulement avec des pertes monétaires, mais également flouées en regard de droits invalides », poursuit le communiqué.

Guillaume Carle a été arrêté mercredi par les constables spéciaux au palais de justice de Gatineau. Il est accusé de fraude de plus de 5000 $, possession et utilisation de documents contrefaits, possession non autorisée d’une arme à feu, possession d’une arme à feu sans être titulaire d’un permis, entreposage négligent d’armes à feu et recel.

 

mardi 8 juin 2021

Un barrage qui Divise à Lac-Simon


 

Un barrage qui divise à Lac-Simon
Benoit Sabourin 
8 juin 2021

Des propriétaires habitant le long de la rivière de la Petite-Nation en ont ras-le-bol de la gestion du barrage du lac Barrière qui est faite mécaniquement par la Municipalité de Lac-Simon et qui nuit, selon eux, à la faune, la flore et la qualité de vie des riverains qui résident en aval de l’affluent.

Construit en 1972, le barrage du lac Barrière «a pour vocation le rehaussement de la surface libre des lacs Barrière et Simon à des fins de navigation estivale de même que du maintien de la circulation et de la qualité de l’eau dans une baie en particulier», peut-on lire sur le site Internet de la Municipalité de Lac-Simon.

Or, ce barrage à déversoir en béton et en poutrelles de bois «situé au sein du bassin versant de la rivière de la Petite Nation au droit de l’exutoire du lac Barrière» suscite la grogne depuis déjà plusieurs années auprès des riverains et municipalités basés en aval de l’infrastructure.

C’est que chaque fois que Lac-Simon, qui gère le barrage, ajoute une poutrelle pour augmenter la quantité d’eau dans ses deux lacs interreliés, le niveau de la rivière de la Petite-Nation baisse.

Il y a trois ans, Dominique Simard, a fait l’achat, avec son conjoint, d’un chalet à Saint-André-Avellin, en bordure de la rivière Petite-Nation. La riveraine se bat depuis ce temps pour que la situation change. 

Fondatrice de l’Organisation des riverains pour la protection de la rivière Petite-Nation, elle déplore qu’un barrage géré mécaniquement puisse encore exister en 2021.

«Le 28 mai dernier, sans avertir les autres municipalités en aval, ils ont ajouté la dernière poutrelle et le niveau d’eau a tellement baissé, peste Mme Simard. On avait l’impression d’avoir une rivière asséchée comme si nous étions en plein mois d’août. Sans penser aux poissons, aux tortues, aux oiseaux aquatiques et aux citoyens qui tirent leur eau de la rivière avec une pompe, ils ont ajouté toutes les poutres. [...] On comprend que Lac-Simon doit répondre aux besoins de ses citoyens, mais on ne peut pas juste penser en nombrilistes et dire qu’on monte le niveau d’eau parce que nous avons besoin d’eau. Nous sommes tous dans le même bateau. Quand il fait chaud au mois de mai, en 2021, tout le monde a besoin d’eau, même les gens en aval. On ne peut pas assécher une rivière comme ça.»

Un changement de barrage réclamé 

Mme Simard, dont le regroupement a obtenu l’appui, par voie de résolution, des conseils municipaux de Ripon et Saint-André-Avellin, reproche à Lac-Simon de gérer l’infrastructure hydraulique en fonction des besoins des plaisanciers de l’endroit.

«Ce qu’on veut, c’est un changement de barrage. Ça fait trois ans qu’on se bat pour ça. On ne veut plus de poutrelles. On veut quelque chose de naturel qui va bien répartir l’eau d’un côté comme de l’autre. On ne peut pas continuer à gérer l’eau de cette façon. On met en péril plusieurs espèces animales et c’est la qualité de vie des gens en aval qui est aussi affectée», clame Mme Simard.

Le regroupement de riverains demande aussi que Lac-Simon, qui doit procéder à une étude de son barrage en 2022, tienne compte dans son analyse des impacts environnementaux en aval de l’infrastructure. 

Des décisions basées sur un «plan de gestion»

Le maire de Lac-Simon, Jean-Paul Descoeurs, affirme que son directeur des travaux publics applique un plan de gestion établi par des ingénieurs. Les poutrelles doivent être ajoutées ou retirées, selon des règles métriques précises, en fonction du niveau de l’eau. Les décisions ne sont aucunement basées sur le désir des plaisanciers, assure-t-il. 

«Le lac Barrière, qui fait partie du lac Simon, c’est le poumon du lac Simon et de l’eau potable qu’on envoie en aval. On a la baie Groulx et quelques endroits qui sont des lieux importants pour l’oxygène du lac. Si notre niveau d’eau n’est pas bon à ces endroits-là, on va leur envoyer en bas de l’eau qui n’est pas bonne. [...] On suit le plan de gestion du barrage religieusement. On doit maintenir la qualité de l’eau du lac Simon», se défend le maire à propos de la manière dont est opérée l’infrastructure. 

M. Descoeurs souligne que depuis 2014, le barrage a changé de niveau de sécurité. Les obligations en matière de gestion de la part de la Municipalité ont été modifiées. Le plan de gestion du barrage doit être révisé tous les huit ans. Une étude sur la sécurité du barrage et une révision du plan de gestion sont d’ailleurs prévues en 2022, en fonction des exigences du Centre d’expertise hydrique du Québec et du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Par ailleurs, lors d’une rencontre initiée en novembre 2019 par Lac-Simon, à laquelle ont pris part les maires de Ripon, Saint-André-Avellin et des intervenants du ministère des Transports, du ministère de l’Environnement et du ministère de la Sécurité publique, M. Descoeurs avait proposé que le barrage soit remplacé par une infrastructure en V qui serait «autogérée» régionalement.

«J’ai proposé un barrage en V et tout le monde a refusé d’embarquer pour nous aider à payer. Nous ne sommes pas pour investir 12 ou 13 millions de dollars tout seuls. On va continuer à la mitaine», lance M. Descoeurs.

Les municipalités en aval subissent

Le maire de Ripon, Luc Desjardins, dont le conseil appui l’Organisation des riverains pour la protection de la rivière Petite-Nation, souligne que plusieurs de ses résidents riverains ont subi des dégâts au fil des ans à cause des fluctuations du niveau de l’eau de la rivière causée par la gestion du barrage du lac Barrière. «On a des gens qui prennent leur eau dans la rivière et qui ont brûlé leur pompe. Ça crée beaucoup de mécontentement. Ce qui est bien au moins depuis quelques années, c’est que Lac-Simon nous avertit environ une semaine à l’avance avant qu’ajouter ou de retirer une poutrelle», note M. Desjardins.

M. Desjardins ne voit pas de solution à court terme au problème puisque le remplacement de l’actuel barrage par une infrastructure plus moderne nécessitera d’importants investissements. Ripon a déjà dit non au projet en 2019 et il n’est pas question aujourd’hui de changer d’idée, réitère le premier magistrat.

«Lac-Simon veut qu’on paie une partie, mais ce n’est pas à nous, en aval, de payer pour ça. La Municipalité de Lac-Simon, la richesse qu’elle possède, c’est son lac et s’il n’y avait pas de barrage, peut-être que le lac Barrière aurait l’air d’une rivière et qu’il y aurait moins d’eau dedans. Je comprends que le lac Simon représente un gros moteur économique. C’est une municipalité riche à cause de ses valeurs foncières, mais s’il n’y avait jamais eu de barrage, le lac Barrière serait sûrement plus petit et il n’y aurait pas de passage à bateau entre ce lac et le lac Simon», mentionne M. Desjardins.

De son côté, le maire de Saint-André-Avellin, Jean-René Carrière, semble résigné à vivre avec la situation qui perdure depuis des décennies.

«On subit, hors de tout doute, le niveau d’eau demandé par les gens du lac Simon. Je comprends la grogne de nos gens qui se retrouvent à ne plus pouvoir puiser leur eau dans la rivière ou qui voient leur quai se retrouver à un endroit qui n’est plus raisonnable parce que le niveau de la rivière a descendu. Malheureusement, on peut réitérer les plaintes, mais ça ne donnera rien. C’est un dossier plate et épineux. C’est très difficile pour nous de voir un côté positif quant à la gestion de ce barrage», dit-il.

 

mercredi 26 mai 2021

DYNAMISER la Municipalité de Lac-Simon

 


DYNAMISER la municipalité de Lac-Simon
Jean-Matthieu Laporte
La Journal Les 2 vallées
Mercredi 26 mai 2021
1) le mini-put (ouverture 2020)
2) des terrains de pétanque, pickleball, basketball et deux terrain de tennis (avril 2021)
3) un parc canin (mai 2021)
4) un parc pour enfant et pavillon d’accueil (août 2021)

La municipalité de Lac-Simon continue de développer ses aménagements, ses services et ses projets afin de dynamiser son territoire.
Dans le but de répondre aux besoins de plusieurs contribuables exprimant leur désir de bénéficier d’un terrain clôturé afin de laisser courir librement leur chien, le conseil municipal à procéder à l’aménagement d’un nouvel espace public.
Situé à l’intersection de la route 321 et du chemin du Parc, le parc canin est gratuit et accessible tous les jours de 7 h jusqu’au crépuscule. De plus, un grand stationnement permet aux visiteurs de s’y garer en toute tranquillité.
« Le parc est achalandé, il y a même des groupes sur Facebook, les gens s’envoient des photos, se donnent rendez-vous. C’est un très beau succès », s’enchante la conseillère municipale de Lac-Simon, Chantal Crête.
À cela s’ajoute la réouverture du mini-putt pour la saison estivale.
La municipalité a en effet acheté un terrain pour permettre aux citoyens de profiter de leur région. « Ce sera la deuxième année que nous offrons cette activité. Comme nous avons déjà obtenu un grand succès, nous espérons conserver cet engouement », indique Mme Crête.
« Les bâtons et les balles sont disponibles auprès du préposé en poste au coût de 2 $ par personne par partie, montant symbolique pour rendre l’endroit le plus accessible possible. »
« De plus, l’été dernier a eu lieu l’inauguration de notre nouveau parc récréatif qui regroupe plusieurs activités telles qu’un terrain de tennis, de pétanque, de pickleball et de basketball », mentionne-t-elle.
« Aussi, nous avons d’autres projets de construction, d’agrandissements et d’aménagements. Nous souhaitons, par exemple, faire la construction d’un parc pour enfant et d’un pavillon d’accueil. Nous voulons faire profiter ces offres à la population. » 
 
INCERTITUDE
Si les choses vont bon train pour les activités récréatives, la municipalité ne sait pas encore ce qui se passera pour sa soirée de feux d’artifice annuelle. « Bien qu’il y a eu une résolution pour qu’on organise cette soirée, nous allons devoir en rediscuter, précise Mme Crête. Ça va être difficile cette année. »
En contrepartie, la municipalité souhaite tout de même organiser des festivités pour la Fête nationale du Québec. « Nous avons prévu un circuit en automobile pour retracer les lieux importants de l’histoire de la municipalité. »
 
COUVERTURE DU RÉSEAU WIFI
D’autre part, les résidents pourront bénéficier d’une plus grande couverture du réseau WiFi public. « Certains secteurs de Lac- Simon n’étaient pas desservis. Nous avons pris une résolution en début d’année, ça devrait être plus accessible prochainement. »

vendredi 21 mai 2021

La facture pour les sites miniers du Québec reste salée

 Environ 400 sites qui sont encore « sous responsabilité réelle et probable » de l’État québécois


La facture pour les sites miniers du Québec reste salée
Alexandre Shields
25 mai 2021

Malgré des dépenses de plus de 180 millions de dollars de fonds publics depuis 2006, la facture de la restauration des sites miniers abandonnés au Québec ne diminue pas, selon ce qui se dégage des plus récentes données officielles. Elle avoisine toujours 1,2 milliard de dollars, soit pratiquement le même montant qu’il y a 10 ans. À l’instar des gouvernements précédents, celui de François Legault promet toutefois d’agir pour venir à bout d’un des pires héritages toxiques de la province.

Au fil des décennies, des entreprises minières ont laissé derrière elles des centaines de sites miniers abandonnés, qui sont aujourd’hui à la charge de l’État québécois, un peu partout sur le territoire. Certains sites d’exploration nécessitent des travaux de nettoyage sommaires, alors que d’autres, essentiellement d’anciens sites d’exploitation, doivent faire l’objet d’importants travaux de décontamination.

Selon les données fournies au Devoir par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), on compte aujourd’hui un peu plus de 400 sites « sous responsabilité réelle et probable » de l’État, alors qu’on en recensait 729 en 2011. Cette baisse du nombre de sites miniers orphelins à inspecter et à restaurer est essentiellement due au fait que le gouvernement injecte, année après année, des millions de dollars pour tenter de venir à bout de ce passif environnemental.

Le plus récent bilan disponible auprès du MERN, soit celui du 31 mars 2020, fait ainsi état d’investissements publics de 178,5 millions de dollars depuis 2006 pour la restauration et le suivi des sites inscrits au « passif à titre de terrains contaminés ».

Or, malgré les dizaines de millions de dollars de fonds publics dépensés depuis 15 ans, le montant de l’évaluation du « passif » n’a pas reculé. En date du 31 mars 2020, il était estimé à 1,2 milliard de dollars, soit essentiellement le même montant estimé en 2010-2011.

Cela signifie-t-il que la facture n’a pas diminué, malgré les dépenses et les travaux de la dernière décennie ? « La valeur du passif évolue annuellement. La variation du nombre de sites miniers, la réévaluation des coûts de restauration, l’évolution de l’état de contamination ou des connaissances de cet état d’un site viennent notamment expliquer cette situation », indique le MERN, par courriel. On précise également que « la valeur du passif évolue aussi en fonction de divers facteurs économiques : les coûts de restauration, les conditions du marché immobilier, les coûts de main-d’œuvre, le marché du travail, l’évaluation municipale ».

En ce qui a trait à la facture totale estimée pour les contribuables québécois, le MERN souligne que le montant est de 1,15 milliard de dollars en 2019-2020, une somme que le ministère prend soin d’arrondir à 1,2 milliard de dollars. On affirme qu’il s’agit donc du montant « le plus bas » depuis 2010-2011, alors que la facture pour l’État était évaluée à 1,23 milliard de dollars. Concrètement, cela équivaudrait donc à un recul de 30 millions de dollars en 10 ans.

Plan à venir

Le MERN dit par ailleurs poursuivre les travaux en matière de restauration des sites miniers. « Un plan de travail pour 2021-2022 sera d’ailleurs publié ce printemps. » Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, pense-t-il pouvoir un jour terminer la restauration de tous les sites ? Le cabinet du ministre n’a pas répondu aux demandes répétées du Devoir pour obtenir une réponse à cette question.

Il faut aussi noter que la « caractérisation » des sites miniers abandonnés n’est toujours pas achevée. Concrètement, cela signifie que la facture pourrait encore s’alourdir, une fois que le gouvernement aura terminé l’évaluation de tous les sites d’exploration et d’exploitation problématiques, au plus tard en mars 2023.

Porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe n’est pas surpris de voir que la facture du passif minier n’a pas diminué depuis 10 ans. « Le montant de 1,2 milliard est une estimation, mais plus on évalue l’état des sites abandonnés, plus la facture augmente. Il n’est pas impossible que la facture double. »

M. Lapointe déplore depuis plusieurs années le fait que la facture soit assumée entièrement par les contribuables québécois, « alors qu’ils ne sont pas responsables du problème ». La Coalition pour que le Québec ait meilleure mine plaide pour l’imposition d’une taxe de moins de 1 % sur la « valeur brute » du minerai exploité au Québec pour payer au moins 50 % de la facture totale de la restauration des vieux sites miniers orphelins. Une idée rejetée par le gouvernement Legault.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, la valeur brute des ressources minières exploitées au Québec a atteint 10,9 milliards de dollars en 2019 et 10,7 milliards en 2018. À titre de comparaison, les « revenus miniers » du gouvernement ont atteint 279 millions de dollars en 2019-2020, soit 2,5 % de la valeur brute.

Pour éviter de répéter les erreurs du passé qui coûtent aujourd’hui très cher au trésor public, le MERN rappelle que, depuis la réforme dela Loi sur les mines, en 2013, les entreprises minières doivent déposer au gouvernement « une garantie financière correspondant à 100 % des coûts anticipés pour la restauration de l’ensemble du site ». Selon le ministère, « les sociétés minières remplissent leur obligation de garanties financières exigibles ».

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Québec veut devenir un acteur dans les minéraux stratégiques
Julien Arsenault 
30 octobre 2020

Le gouvernement Legault cible 22 minéraux critiques et stratégiques — prisés notamment par les fabricants d’appareils électroniques et de batteries — dans sa stratégie visant à faire de la province un fournisseur d’envergure dans un contexte où la demande pour ces ressources est appelée à croître rapidement.

Si les 11 objectifs présentés jeudi ratissent large, il faudra vraisemblablement s’armer de patience avant l’annonce d’une première pelletée de terre. La première étape consistera à avoir une meilleure idée de ce qui se trouve dans le sous-sol québécois par l’entremise d’une cartographie, qui devrait surtout s’effectuer dans le Nord-du-Québec ainsi que dans l’est de la province.

Les détails entourant l’enveloppe de 90 millions échelonnée sur cinq ans qui était prévue ont été dévoilés en conférence de presse par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, accompagné de ses collègues à l’Économie, Pierre Fitzgibbon, aux Relations internationales, Nadine Girault, et à l’Environnement, Benoit Charette.

« Nous sommes en avance sur les autres provinces de cinq à six mois certainement, a estimé M. Julien. Si nous voulons participer à ce boom, on doit y être aujourd’hui. Oui, on a un certain retard sur la Chine et la Corée, mais en Amérique du Nord, on se positionne au bon moment. »

Le lithium, le graphite et le cobalt sont au cœur de la stratégie. On retrouve aussi le cuivre, le titane, le zinc, le magnésium et le niobium. Les minéraux figurant sur la liste sont prisés dans des secteurs comme les télécommunications, l’aérospatiale, le domaine médical ainsi que l’électrification des transports. À terme, bien plus de fonds publics risquent d’être injectés dans cette stratégie, puisque différents ministères, dont celui de l’Économie et de l’Innovation, disposent de jusqu’à 1 milliard pour investir dans des projets miniers, par exemple.

En forte hausse

Selon les données gouvernementales, d’ici 2050, la demande pour le cobalt, le lithium et le graphite — au cœur de la stratégie — pourrait quintupler à l’échelle mondiale. Alors que la plupart des minéraux critiques et stratégiques utilisés en Amérique du Nord proviennent de l’Asie, Québec souhaite que sa stratégie se traduise par de nouveaux projets et la construction d’infrastructures pour améliorer l’accès au territoire.

La stratégie souhaite aussi mettre l’accent sur la transformation et le recyclage. Par exemple, avec un nombre croissant de véhicules électriques sur les routes, on veut pouvoir recycler les batteries qui contiennent des minéraux. La stratégie s’ajoute déjà aux efforts déployés par le gouvernement Legault pour créer une filière des batteries électriques.

« Lorsque l’on regarde la croissance [prévue] au cours des 20 prochaines années, je pense qu’il est impératif pour les producteurs de véhicules [automobiles] que la chaîne d’approvisionnement soit le plus proche possible, a expliqué M. Fitzgibbon. Le Québec [a] un avantage concurrentiel. »

M. Fitzgibbon a également souligné qu’à l’heure actuelle, le lithium ainsi que le graphite disposaient d’une longueur d’avance en matière de projets — qui ont parfois fait face à d’importants défis. Par exemple, Nemaska Lithium s’est protégée de ses créanciers en raison d’importantes difficultés financières avant d’être reprise par Québec et un partenaire privé.

Premières Nations

Par ailleurs, des négociations sont à prévoir avec les Premières Nations puisque les endroits ciblés pour la cartographie ainsi que les projets potentiels se trouvent sur les territoires des communautés autochtones. M. Julien a précisé que des consultations avaient eu lieu dans le cadre de la stratégie, mais qu’aucune entente officielle n’avait été annoncée.

Dans l’ensemble, la stratégie gouvernementale a reçu un accueil favorable de la part de l’industrie minière ainsi que du milieu des affaires. Pour sa part, si une coalition de citoyens, d’élus municipaux, de syndicats et d’organismes environnementaux a vu d’un bon œil l’aspect entourant le recyclage, elle a déploré les commentaires du ministre de l’Environnement, qui ne semble pas vouloir revoir l’encadrement des projets miniers.

« Une mine, ce n’est pas comme ouvrir un dépanneur au coin de la rue, a lancé le co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine, Ugo Lapointe, en entrevue téléphonique. On ne peut pas prétendre faire une filière de batteries pour des véhicules électriques verts si on ne fait pas une évaluation environnementale des mines qui vont l’alimenter. »

Cette coalition a notamment demandé que tous les projets miniers soient assujettis à un examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. 

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Les États-Unis lancent un plan pour garantir l’approvisionnement en minéraux stratégiques
Christophe Vogt
4 juin 2019

Les États-Unis ont dévoilé mardi un plan pour garantir l’approvisionnement du pays en minéraux stratégiques et notamment en terres rares, indispensables à tous les équipements électroniques et auxquels la Chine a menacé de restreindre l’accès.

« Ces minéraux critiques sont souvent ignorés, mais sans eux la vie moderne serait impossible », a déclaré Wilbur Ross le secrétaire américain au Commerce, affirmant que le gouvernement fédéral « prend des mesures sans précédent pour s’assurer que les États-Unis ne seront pas coupés de ces matériaux vitaux ». Le plan d’action identifie 35 éléments stratégiques dont l’uranium, le titane et les terres rares, pour lesquels les États-Unis sont particulièrement dépendants de l’étranger.

Le rapport rappelle que pour 14 des 35 matériaux détaillés sur la liste, les importations représentent plus de 50 % de la consommation annuelle des États-Unis. Pour 14 des minéraux listés, « les États-Unis n’ont aucune production nationale et dépendent complètement des importations », note le rapport.

La Chine produit l’essentiel des terres rares de la planète, un ensemble de 17 métaux indispensables aux technologies de pointe et que l’on retrouve dans les téléphones intelligents, les écrans plasma, les véhicules électriques, mais aussi dans l’armement. Et Pékin s’est plu à rappeler cette dépendance — pas seulement des États-Unis — le 22 mai quand Xi Jinping est allé visiter une usine de traitement de ces métaux stratégiques. Une manière subtile de laisser planer la menace de bloquer les exportations.

Ce geste fait suite à l’intensification de la guerre commerciale menée par Donald Trump contre la Chine, mais aussi des lourdes sanctions prises contre le géant chinois des télécoms Huawei, que Washington soupçonne de favoriser l’espionnage par le régime. Une semaine plus tard, le message était encore plus clair. « Si quelqu’un veut utiliser des produits fabriqués à partir de nos exportations de terres rares pour freiner le développement de la Chine, alors je pense que [...] le peuple chinois sera mécontent », a mis en garde un responsable de la puissante agence de planification économique.

En 2010, en représailles à un différend territorial, Pékin avait brutalement interrompu ses exportations de terres rares vers le Japon mettant les entreprises de hautes technologies nippones en grandes difficultés.

Jusqu’au milieu des années 80, les États-Unis dominaient la production mondiale de terres rares, mais une catastrophe écologique dans la seule mine du pays a mené à sa fermeture en 2003, avant sa réouverture en 2011 après une flambée des prix.

Pour éviter de se retrouver dans la même situation que le Japon, l’administration Trump a bâti sa stratégie sur six plans d’action. Washington compte ainsi accélérer la recherche, le développement et le déploiement de méthodes de recyclage et de réutilisation de ces minéraux stratégiques, trouver des alternatives et aussi diversifier l’approvisionnement et améliorer les processus d’extraction, de séparation et de purification.

De fait pour certains des minéraux concernés, les États-Unis disposent bien de la matière première, mais pas du savoir-faire pour les rendre utilisables par l’industrie.Washington compte aussi renforcer la coopération et améliorer le commerce international de ces minéraux avec ses alliés.

Le plan stratégique prévoit également de faire un recensement précis des ressources naturelles disponibles dans le pays pour pouvoir les exploiter, mais il compte aussi faire la nomenclature de sources d’approvisionnement moins traditionnelles, comme l’extraction à partir de l’eau de mer ou de déchets du charbon. Et comme elle l’a fait pour d’autres industries, l’administration veut déréguler pour accélérer les choses. Le gouvernement veut enfin s’assurer qu’il disposera de la main-d’oeuvre qualifiée nécessaire pour mener à bien son projet et bâtir une base industrielle nationale solide.