mercredi 1 avril 2026

L’indignation grandit alors que l’ampleur du projet minier La Loutre double


David Pharand est maire de Duhamel.

France Girard habite près du lac Bélisle, à Saint-André-Avellin.

Le maire de Lac-des-Plages, Jérémie Vachon


Le président du regroupement des lacs de la Petite Nation, Louis St-Hilaire.

Pierre Vallières, résident de Lac-des-Plages depuis trente ans
 
L’indignation grandit alors que l’ampleur du projet minier La Loutre double
Anaïs Desjardins, avec des informations d'Ann-Sophie Gagné
29 mars 2026
Radio Canada
L'indignation des opposants au projet La Loutre grandit. Cette mine pourrait exploiter deux fois la quantité de graphite prévue initialement, et ce, pendant deux fois plus longtemps, selon une nouvelle étude de faisabilité de l’entreprise Lomiko Metals.
Les citoyens déjà opposés au projet craignent l’ampleur des répercussions environnementales de ce changement de cap.
« Nos lacs, nos rivières, nos paysages, c’est notre richesse. » C’est la phrase que le maire de Duhamel, David Pharand, entend chaque semaine de la part de citoyens.
La population voudrait pouvoir choisir la manière dont la ville s’enrichit.
« L’arrivée d’une mine nous attache les mains dans le dos en matière de développement, » dit-il.
Certains résidents estiment même que ce projet ralentit la croissance économique de la municipalité.
« C’est une région où la nature est au premier plan. […] On sait qu’il y a une possibilité qu’il y ait une mine en haut des bassins versants entourés de lacs. Et il pourrait y avoir un incident, » explique Pierre Vallières, résident de Lac-des-Plages depuis trente ans.
Un changement de cap critiqué
Mardi, une nouvelle déception s’est abattue sur la région. Selon une étude de faisabilité publiée par l’entreprise Lomiko Metals, la mine de graphite à ciel ouvert pourrait être exploitée pendant 28 ans. C’est presque le double de la durée de vie jusqu’alors estimée.
Selon la même étude, 48,6 millions de tonnes de graphite seront extraites au cours de la durée de vie de la mine. En 2021, le projet visait une exploitation de moitié, chiffrée à 21,9 millions de tonnes.
L'entreprise Lomiko Metals n'a pas répondu à la demande d'entrevue de Radio-Canada.
Dans une publication sur Facebook, elle explique que ces changements « ont été apportés à la conception du projet afin de répondre aux principales préoccupations exprimées par la communauté. »
« C’est peut-être une bonne nouvelle pour Lomiko et ses investisseurs, mais pas pour la population. C’est deux fois plus de pollution, deux fois plus de nuisance. C’est deux fois plus de volonté de la population de s’affirmer plus fort, » explique M. Pharand.
En août, les résidents des cinq municipalités de l’Alliance des municipalités de la Petite Nation Nord ont rejeté le projet minier La Loutre lors d'un référendum. Les municipalités de Duhamel et de Lac-Simon ont rejeté à 98 % ce projet minier.
« C’était considéré comme monstrueux. Là, je ne sais pas c’est quoi, » critique le président du regroupement de Protection des lacs de la Petite-Nation, Louis St-Hilaire. Il dénonce le fait que ce projet continue son développement en dépit du manque d’acceptabilité sociale.
Ce constat est partagé par tous les citoyens rencontrés par Radio-Canada samedi, qui souhaitent que ce projet minier ne voie pas le jour.
« On ne se sent pas écoutés »
« On ne se sent pas écoutés, » dit Pierre Vallières. Chaque fois que [Lomiko Metals] nous dit un message, quelque temps après, ils font le contraire. On est très conscients qu’ils veulent faire plaisir aux actionnaires, poursuit-il.
L'été dernier, Lomiko Metals s’est retirée du processus consultatif organisé par les municipalités de la Petite Nation. Des trois rencontres prévues entre les citoyens et l’entreprise, une seule a eu lieu. Plusieurs mobilisations se sont organisées depuis.
« Je viens de l’Abitibi. […] J’ai goûté au soufre dans l’air dans la mine. Je sais ça ressemble à quoi, c’est gros comment, » dit une résidente du lac Bélisle à Saint-André-Avellin, France Girard. La mine sera d'une superficie d'une fois et demie le lac des Plages ou le mont Royal, ajoute-t-elle.
La nouvelle étude de faisabilité prévoit des retombées financières nettes de 617,4 millions de dollars. Mais pour Mme Girard, les répercussions environnementales dépassent les retombées économiques.
« C’est pas comme si on disait : "On ne veut pas ça dans notre cour, allez mettre ça ailleurs." On a déjà l’industrie forestière. […] Pour amener en plus l’industrie minière, ça n'a aucun sens, aussi près des centres urbains, » poursuit-elle.
Le député de Papineau, Mathieu Lacombe, n’appuie pas ce projet.
« Les citoyens de la Petite Nation n’en veulent pas et le gouvernement du Québec a déjà été clair à savoir qu’il n’y investirait pas, » précise-t-il par réponse écrite.
« Ce dossier-là ne concerne pas seulement la Petite Nation »
Depuis plusieurs années maintenant, l'entreprise Lomiko Metals explore des terrains entre Duhamel et Lac-des-Plages dans l'objectif d'y exploiter du graphite en paillettes, un des minéraux considérés comme critiques et stratégiques par les gouvernements québécois et fédéral.
Il s’agit du septième gisement de graphite en importance au monde, selon le magazine spécialisé Mining .com.
Fin juin, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec a autorisé des travaux d'excavation, qui ont débuté depuis.
Pendant ce temps, le mouvement de contestation contre le projet prend de l'ampleur.
« Ce dossier-là ne concerne pas seulement la Petite Nation. Le graphite, il y en a partout, dans les Laurentides, en Mauricie, dans Lanaudière, » indique Louis St-Hilaire.
Selon lui, il s’agit de la plus grande mobilisation contre un projet minier au Canada. « On s’en va en campagne [électorale provinciale] […], il n’y a pas un gouvernement qui va autoriser un projet dans ces conditions en allant complètement contre une population. Mais pour ça, il faut se mobiliser, dit-il.
Des municipalités se joignent à l'opposition
Le mois dernier, des gens d’affaires et des représentants citoyens ont demandé à la MRC de Papineau de se prononcer contre le projet. Elle doit voter une résolution à cet effet le 15 avril. La Municipalité de Montebello a déjà adopté une telle résolution.
L’activité minière, ce n’est pas une activité qui débarque avec des pantoufles de velours. Quand ça arrive avec de grosses bottes, c’est beaucoup de camions qui voyageraient sur les routes, dit le maire de Lac-des-Plages, Jérémie Vachon.
Comme plusieurs personnes interrogées par Radio-Canada, il cite une sortie du premier ministre François Legault, qui avait dit que l’extraction irait de l’avant uniquement en cas d’acceptabilité sociale.
On n'est pas contre pour être contre. On croit qu’il y a une alternative viable, que ce soit des projets récréotouristiques, d’acériculture, d’aires protégées d’utilisation durable. […] On veut contribuer à l’économie régionale, mais d’une autre façon, qui est compatible avec le caractère de la région, conclut-il.


***************
𝐒𝐭é𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐋𝐚𝐮𝐳𝐨𝐧

𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐈𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞.
La réaction à la nouvelle étude de Lomiko Metals Inc qui démontrait que son projet minier contenait pratiquement 2 fois plus de réserves que prévu et une durée de vie qui passait de 15 à 28 ans a été gigantesque. Jamais même au cœur de référendum on a eu autant de visites et de réactions sur une de nos publications. Beaucoup de questions de votre part et malheureusement le document fourni par Lomiko ne permet pas de répondre à plusieurs d'entre elles, en particulier celles sur la taille et la profondeur des fosses minières ainsi que la hauteur des deux parcs de résidus miniers qui ont inévitablement augmenté en multipliant les risques.
Par contre, aujourd'hui on peut répondre à la question qui est revenue souvent sur ce qui s'est passé depuis le référendum. Vous nous demandez aussi ce que vous pouvez faire.
On vous en fait un résumé:
1) Première chose, Lomiko, qui est une compagnie publique, n'a même pas commenté les résultats du référendum et fait depuis comme s'il n'avait pas eu lieu. Les relations entre Lomiko et les citoyens sont inexistantes. La compagnie n'a aucun employé de la région avec qui on peut échanger en personne. Même pendant le référendum ils ne se sont pas présentés , tout au plus ont-ils proposés 2-3 meeting en Zoom auquels il y avait moins de présences que de doigts d'une main.
La seule façon pour les citoyens de communiquer avec eux c'est a travers l'Internet. Ils ne trouvent même pas moyen de venir nous rencontrer pour nous présenter en personne leur nouvelle étude alors que le projet double de taille. Tout ça alors que leur slogan, toujours affiché sur leur site web, demeure " Une entreprise à l'écoute des personnes ". On pourrait leur suggérer: " Une entreprise fuyante à l'écoute de ses seuls investisseurs "
2) Suite au référendum, David Pharand de l'Alliance des Municipalités Petite-Nation Nord et Louis St-Hilaire du Regroupement ont rencontré notre député M. Mathieu Lacombe. Celui-ci nous a réitéré son appui et on le remercie. On lui a demandé de nous coordonner une réunion avec le nouveau ministre des Richesses Naturelles, M. Jean-Francois Simard. Quelques jours plus tard, la rencontre était organisée.
3) Pour la rencontre avec le ministre, étaient présents David Pharand de l'Alliance, Geneviève Gagnon du groupe des gens d'affaires contre le projet minier la Loutre et Louis St-Hilaire du Regroupement. On lui a expliqué les résultats du référendum et lui a demandé de retirer ses claims à Lomiko, ce qu'un article de la Loi des Mines l'autorise à faire. La réponse est venue quelques semaines plus tard. Le bureau du ministre nous a annoncé qu'il n'allait pas retirer les claims mais allait conserver sa position de ne pas investir dans la mine.
4) Suite au référendum, les 5 municipalités de L'Alliance des Municipalités Petite-Nation Nord ont pris position contre le projet minier et ont été actifs dans deux volets:
• la mise en place d'un comité scientifique, économique et multi-secteurs pour étudier tous les aspects de ce projet minier afin d'être prêts pour un éventuel BAPE
• l'étude avancée d'une alternative économique durable sur le territoire de la mine.
On pense que si ce projet se rend à un BAPE jamais une communauté n'aura été aussi préparée pour s'y présenter.
5) Geneviève Gagnon et Louis St-Hilaire ont fait une présentation au Conseil des 25 Maires de la MRC Papineau pour leur demander de se prononcer contre le projet minier. On s'attend à recevoir une réponse vers la mi-avril. On vous tient au courant.
7) Le Regroupement est très impliqué dans les projets d'aire-protégées dans la MRC Papineau. Nous supportons un des projets actuellement à l'étude qui se situe sur le territoire de Lomiko et qui pourrait constituer une alternative économique des plus intéressantes puisqu'il permettrait la pratique de l'acériculture sur terre publique à grande échelle sur ce territoire très propice tel que les études en cours de l'ISFORT le démontre.
6) Le Regroupement a aussi des contacts avec de nombreux médias qui suivent le dossier, ( on a même eu un article du Guardian de Londres ) et d'autres articles sont à venir.
Bref , on continue de tout faire pour empêcher cette monstruosité de voir le jour chez nous, encore plus depuis qu'on a appris que ce serait 2 fois plus gros. Dans les derniers mois Lomiko est parvenu à faire quelques petites émissions d'actions mais à notre connaissance il n'y a toujours pas d'investisseurs sérieux dans cette compagnie, seulement des spéculateurs et des gens qui recherchent des déductions d'impôt. Le projet continue seulement parce qu’il est supporté par 2 entités qui défraient tout le coût de leurs études. Le Département de la Guerre américain ($8.5M US), et le gouvernement du Canada ($4M CAN) qui a de grands projets pour l'industrie minière et qui la subventionne à coup de centaines de millions.
𝐈𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐬𝐬𝐞𝐳 é𝐭𝐨𝐧𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟é𝐝é𝐫𝐚𝐥 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐃é𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐆𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐝'𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐜𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐫 𝐝'𝐚𝐧𝐧𝐞𝐱𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐧𝐚𝐝𝐚.
Nos représentations auprès du gouvernement fédéral n’ont pas été bien entendues. 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞𝐳 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐢𝐞𝐳 𝐚𝐢𝐝𝐞𝐫. Ce serait bon que notre député fédéral, M. Stéphane Lauzon entende ou lise ce que vous pensez de ce projet afin qu'il transmette le message de la région à Ottawa. On vous invite à le contacter par courriel ou par téléphone aux coordonnées suivantes:
𝐒𝐭é𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐋𝐚𝐮𝐳𝐨𝐧
Bureau de comté
104 Maclaren Est suite 201
Gatineau
J8L 1K1
819-281-2626
Stephane.Lauzon@parl.gc.ca



***************
Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation
La Coalition contre le Projet minier la Loutre




Une nouvelle étude de Lomiko Metals Inc: Une mine 2 fois plus grosse !!!
Continuant d'ignorer l'opinion très claire de la population des 5 municipalités, de la communauté des affaires, de l'UPA, et des associations de pêcheurs, chasseurs, quadistes qui se sont prononcés à 95.5% contre son projet, Lomiko Metals Inc. a aujourd'hui annoncé les résultats de son étude de pré-faisabilité financée par le Département de la Guerre Américain et le gouvernement fédéral du Canada.
C'est un rapport très technique, pas pour le commun des mortels, mais on peut quand même vous résumer quelques informations qu'on y trouve qui rendent ce projet plus dévastateur que jamais pour notre région:
1) D'après résultats de la campagne de forage de 2022, les réserves de minerai ont augmenté de façon significative. La durée de vie de la mine passerait donc de 15 ans à 28 ans.
2) L'opération de la mine se ferait 24hr/24, 303 jours par année ( sauf juillet et août) . Les opérations de broyage du roc ( crushers ) et de traitement se feraient 24hr/24, 365 jours par année. En d'autres mots on va dynamiter plus durant les 10 premiers mois de l'année pour pouvoir broyer et traiter à l'année longue.
3) Le pourcentage de graphite demeure à 4,79%, ce qui veut dire que suite à l'augmentation des réserves les résidus ( 95.2% ) vont aussi doubler. Il en est de même pour les poussières et tous les risques qui viennent avec une opération minière de cette envergure.
4) Les réserves et la durée de vie de la mine ayant pratiquement doublées, Ça veut aussi dire qu'il y aura deux fois plus de transport. Pas lieu de s'inquiéter selon Lomiko, semble t'il, puisque dans leur texte promotionnel qui accompagne l'étude on apprend que le transport va se faire sur un chemin privé jusqu'à l'autoroute . Le voisinage va apprécier.
Très crédible. Un chemin privé jusqu'à quelle autoroute ? La 15 ou la 50 ? On ne peut pas y échapper, il va y avoir du transport lourd en gros volume la 315, 321 et 323 !
Conclusion: Il y a bien sûr bien d'autres informations dans ce rapport mais ce qu'il faut retenir c'est que le projet serait 2 fois plus gros que celui auquel on s'est déjà collectivement opposé à la quasi-unanimité le 31 août dernier.
Notre message à Lomiko et à ses investisseurs étrangers est simple et demeure le même: la population des 5 municipalités et de tous les organismes affectés est plus que jamais opposée à ce projet dévastateur et va continuer de s'y opposer farouchement tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas refusé ou abandonné.
Aux très grand nombre de gens qui ont pris la peine de se déplacer pour manifester leur opposition en votant NON au projet minier lors du référendum de 2025 et qui se demandent ce qui se passe depuis, sachez que le travail se poursuit au niveau politique et que nous sommes confiants que nous allons pouvoir arrêter cette abomination.
Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation
La Coalition contre le Projet minier la Loutre.
Clickez ici pour lire la nouvelle de Lomiko.

jeudi 26 février 2026

Coalition QLAIM Bulletin no. 12, février 2026

 Coalition QLAIM 

Bulletin no. 12, février 2026






Bulletin no. 12, février 2026
Un souffle de victoire pour notre territoire
La Coalition est restée silencieuse depuis quelque temps, mais ne vous y trompez pas : nous sommes bien là, actifs, vigilants et plus déterminés que jamais. Ce bulletin, que nous reprenons aujourd'hui, se veut une célébration des victoires marquantes de la dernière année. Pourquoi ce triomphalisme? C’est un hommage à la mobilisation de nos membres qui, jour après jour, font front commun face à des promoteurs miniers trop souvent indifférents à la beauté de nos régions et à la fragilité de nos lacs. Ces succès prouvent que nous pouvons protéger nos paysages et nos activités de villégiature — ces trésors façonnés par des générations — contre ceux qui seraient prêts à les sacrifier. Que ces réussites à Grenville- sur-la-Rouge, au Réservoir Kiamika et en Outaouais servent d'inspiration pour la suite de nos combats.
Victoire à Grenville-sur-la-Rouge :
Le projet de mine Miller écarté Canada Carbon Inc. a tenté pendant des années d'exploiter une mine de graphite à ciel ouvert sur la propriété historique Miller, à Grenville-sur-la-Rouge. Depuis 2017, ce projet s'est heurté à une opposition citoyenne et municipale sans faille en raison de ses impacts environnementaux appréhendés.
La résistance s’est articulée autour de la protection de l'acériculture, de la sylviculture et de la qualité de l'eau, menant à plusieurs refus de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).
Le dénouement : en février 2026, après des années de procédures judiciaires, le Tribunal administratif du Québec a rejeté l'appel de l'entreprise, confirmant ainsi le refus de la CPTAQ. Cette décision semble marquer l’arrêt définitif du projet.
Un engagement collectif exemplaire : Depuis près de 9 ans, une équipe dévouée au sein de la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge mène cette lutte avec détermination. Collaborant avec la Coalition QLAIM depuis ses débuts, ce groupe a su mobiliser la communauté et faire preuve de la persévérance nécessaire face à de tels enjeux.
Toutes nos félicitations pour cette victoire éclatante, qui démontre la force du militantisme et de l’action citoyenne
Réservoir Kiamika : Un précédent victorieux
Dans un bulletin précédent, nous partagions notre fierté à la suite de l’arrêté ministériel de juillet 2025. Celui-ci soustrait officiellement à toute activité minière (prospection, exploration et exploitation) les terrains nécessaires à la création du Parc régional du réservoir Kiamika.
Ce gain historique est le fruit d'un travail colossal :
« La mobilisation citoyenne — incluant pétitions, campagnes d’affichage, mémoires et résolutions municipales — a agi en synergie avec l’Association des propriétaires du réservoir Kiamika et la Société de développement du réservoir Kiamika. Cette force collective, appuyée par les élus et une visibilité médiatique constante, a forcé le ministère à reconnaître l’aberration que représenterait une mine au cœur d’un parc régional déjà soutenu par l’État. »
Cette victoire a prouvé, avant même les succès de Grenville et de l'Outaouais, que le conflit d'usage peut faire pencher la balance en faveur de la protection du territoire.
Référendum en Outaouais :
Un « NON » retentissant
Le 31 août 2025, un référendum consultatif a été tenu dans cinq municipalités de l'Outaouais. La question posée aux citoyens était directe et sans équivoque : étaient-ils pour ou contre un projet de mine de graphite à ciel ouvert dans leur région ?
Un résultat sans appel : grâce à une mobilisation exemplaire de nombreux bénévoles a porté la campagne du NON, qui l'a emporté avec une écrasante majorité. Ce vote constitue la démonstration la plus claire et la plus mesurée de l’absence d'acceptabilité sociale pour ce projet.
La lutte continue : malgré ce signal démocratique fort, l'entreprise Lomiko Metals poursuit ses travaux d’exploration. Toutefois, la force de ce résultat référendaire constitue désormais une carte maîtresse que la coalition et les citoyens sauront abattre en temps opportun.
Lanaudière : Nico-Énergie
Si nous célébrons aujourd'hui ces succès, notre regard se tourne désormais vers la Matawinie, où le combat de la Coalition Matawinie – Nos lacs sans mines contre l'entreprise Ni-Co Énergie, est actuellement dans une phase de transition stratégique cruciale. Sur la lancée des victoires nettes obtenues à Grenville ou au Kiamika, Matawinie poursuit, à son tour, un « marathon » et joue sur plusieurs fronts en ce début d'année 2026.
En 2025, la Coalition a réussi un tour de force en obtenant l'appui financier et politique des municipalités de Saint-Côme, Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci et de la MRC de Matawinie. Ces appuis servent à financer des expertises professionnelles pour contrer les arguments de la minière, notamment sur les risques pour les bassins versants et la biodiversité de la région.
L'entreprise a complété sa première campagne (notamment sur le projet Kremer) et se dit satisfaite des teneurs en nickel, cuivre et cobalt. Elle se prépare pour sa deuxième phase de forage et cherche actuellement à sécuriser des financements. La Coalition surveille de près ces démarches et travaille avec des experts, pour documenter les impacts environnementaux.
Forte de l'appui de ses municipalités et de la MRC, la Coalition Matawinie n’écarte pas la possibilité d’organiser son propre référendum citoyen, tout comme celui tenu dans la région de l’Outaouais.
Le combat pour protéger ce territoire, joyau de la Matawinie, et ses bassins versants ne fait que commencer. Ces promoteurs doivent comprendre que notre solidarité ne s'arrête pas aux limites d'une municipalité : le succès des uns nourrit la détermination des autres. Restons mobilisés pour que la Matawinie soit notre prochaine grande victoire !
(...)

samedi 29 novembre 2025

Hausse record de 37 % de la quote-part au budget de la MRC de Papineau


 

Une hausse record de 37 % de la quote-part au budget de la MRC de Papineau

Par Megan Rochette
27 novembre 2025

La MRC de Papineau a adopté, mercredi soir, un budget de 9,4 millions de dollars pour l’année 2026. Comme la MRC devra désormais assumer 100% des coûts liés à la gestion de ses compétences obligatoires, les municipalités devront augmenter de façon importante leur contribution à son administration.

Ce budget de 9 402 750 $ représente une hausse considérable par rapport à celui de 2024 qui se chiffrait à un peu plus de 8,4 millions. La Municipalité régionale de comté (MRC) explique cette augmentation importante par de nouvelles exigences gouvernementales auxquelles les MRC du Québec doivent se conformer.

Dorénavant, la MRC de Papineau devra assumer l’entièreté des coûts de gestion de leurs compétences obligatoires ainsi que de leurs frais d’administration et de gestion. Une situation qui touchera directement la contribution financière des municipalités.

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation aurait informé les MRC, en juin dernier, qu’il ne sera désormais plus possible de financer leurs compétences obligatoires à partir des Fonds régions et ruralité (FRR).

Une décision qui touche particulièrement la MRC de Papineau, qui s’appuyait largement sur ce financement dans les dernières années.

«Nous avons joué le jeu du ministère, lance le préfet Paul-André David. Il nous disait qu’on pouvait prendre l’argent des subventions pour se payer et nous avons pris tout ce que l’on avait le droit de prendre.»

Au total, la MRC de Papineau devait trouver 721 000 $ de nouvelles sources de financement, faute de pouvoir puiser dans le FRR, afin de maintenir ses activités, notamment pour assurer le salaire de ses employés.

«C’est 721 000 $ que nous devions trouver ailleurs et le seul moyen de le trouver, c’est sur la quote-part», affirme M. David.

«Sagesse extraordinaire»

Mercredi soir, le conseil des maires se trouvait devant trois scénarios budgétaires.

Les deux premières options, soumises au vote, proposaient de réduire la hausse de la quote-part pour 2026 en puisant plus de 200 000 $ dans les surplus de la MRC. Toutefois, ces scénarios obligeaient ensuite les municipalités à rembourser ces sommes sur une période de trois ans.

Le troisième scénario, adopté par un vote de 15 contre 10, prévoyait une hausse plus marquée de la quote-part, soit de 37 %, sans imposer de remboursement aux municipalités. La MRC y injecte tout de même 95 000 $ de ses surplus afin d’alléger leur contribution.

Les quotes-parts, qui représentent 38 % du budget de la MRC pour l’année à venir, permettront à celle-ci d’engranger plus de 3,5 millions dans ses coffres.

«J’ai trouvé les maires d’une sagesse extraordinaire ce soir. Ils n’ont pas voulu pelleter le problème par en avant et ont décidé qu’ils réglaient la purge dès cette année. »

— Paul-André David, préfet de la MRC de Papineau
Selon le préfet, les municipalités devront «faire de la gymnastique» avec leur budget pour absorber cette hausse.

«Inévitablement, ça va impacter les municipalités», lance-t-il en précisant ne pas savoir quels seront les impacts réels du budget sur les citoyens.

Même scénario ailleurs?

«Toutes les MRC du Québec ont reçu le même message, parce que Québec est vraiment en période de récession», dit M. David.

Toutefois, l’impact pourrait être beaucoup moins marqué dans d’autres municipalités régionales de comté.

«Il y a peut-être des MRC qui ont eu le flair d’engranger avant au cas où, donc l’effet va être vraiment moins gros pour eux», souligne le préfet.

Selon M. David, si la MRC de Papineau avait mis plus d’argent en réserve au fil des ans, la hausse actuelle aurait été nettement moins prononcée.

«Les maires ont toujours voulu avoir la quote-part la plus basse possible, mais si on avait mis de côté un 200 000 $ à l’année 1 et un autre à l’année 2, ce ne serait pas une augmentation de 721 000 $ aujourd’hui, mais de 250 000 $.»

Un million de plus en investissements

Malgré ces défis, la MRC de Papineau investira tout de même 3 650 525 $ sur son territoire en 2026, soit un million de plus qu’en 2025.

La MRC de Papineau précise que ces investissements proviendront de subventions réservées à des projets ciblés, notamment en transport, en développement durable ainsi qu’en développement touristique et agricole.

Pour M. David, l’exercice constitue une source de fierté, d’autant plus que 13 des maires et mairesses autour de la table en étaient à leur premier budget.

«Je ne suis pas fier du budget, je suis fier des maires», a-t-il conclu.

vendredi 28 novembre 2025

Projet minier La Loutre : des travaux commencent, des opposants se mobilisent

 Oui à l’eau ! NON à la mine La Loutre de Lomiko !



Projet minier La Loutre : des travaux commencent, des opposants se mobilisent
26 Novembre 2025

Une vingtaine d'opposants au projet minier La Loutre, de Lomiko Metals, se sont mobilisés ce mardi à l'entrée du site, à Lac-des-Plages, en Outaouais. L'entreprise minière y commence de nouveaux travaux d'échantillonnage en vrac dès la semaine prochaine.
Armés de leurs banderoles et de leurs pancartes, les manifestants se sont installés à l'intersection des chemins du Tour-du-lac et Sioui. Un carrefour stratégique, puisque les employés de la minière doivent passer par là pour se rendre au travail.
<< Les camions passeraient sur ce chemin de campagne >>, indique Pierre Vallières, un résident à l'année de la Municipalité de Lac-des-Plages, en montrant la route longeant le lac et se divisant ensuite pour remonter dans la montagne.
Depuis plusieurs années maintenant, l'entreprise Lomiko Metals explore des terrains entre Duhamel et Lac-des-Plages dans l'objectif d'y exploiter du graphite en paillettes, l'un des minéraux considérés comme critiques et stratégiques par les gouvernements québécois et fédéral.
Fin juin, la minière a annoncé l'obtention d'une autorisation pour travaux d’exploration à impacts (ATI). Avec ce permis du gouvernement Legault, Lomiko Metals peut alors commencer l'excavation et le traitement d'un échantillon en vrac de 250 tonnes sur le site du gisement de graphite de La Loutre.
<< Cet échantillonnage en vrac est un élément essentiel des travaux de recherche et développement en cours visant à accroître et à confirmer le processus de production de matériau d’anode >>, avait déclaré à l'époque la présidente-directrice générale de Lomiko, Gordana Slepcev, dans un communiqué de presse.
<<Déjà hier, ils ont commencé à circuler avec de la machinerie lourde. [...] Ça nous fait une prémisse de ce que ça pourrait avoir l'air si jamais on avait une mine >>, s'inquiète Pierre Vallières.
Les conseillers municipaux de Lac-des-Plages Paul Bourgeois et France Girard ont participé à l'action de mardi.
Habituée au transport forestier, la conseillère dit prendre toujours avec elle sa radio pour discuter avec les camionneurs par mesure de sécurité. Mais lundi soir, peu avant 18 h, << j'ai rencontré deux méga trucks, des F-150, un six roues, et puis on m'a demandé de reculer, parce que ça ne passait pas >>, raconte Mme Girard.
<< Ma petite Nissan, elle passait pas à côté du gros méga truck! >> ~ Une citation de France Girard, conseillère municipale, Lac-des-Plages
La conseillère dit avoir appris lundi, au conseil municipal, que l'entreprise doit répondre à des conditions, comme le fait de ne pas travailler après 17 h et avant 5 h, ni les fins de semaine, ou encore le devoir d'informer la population des travaux en cours.
<< Il n'y avait rien de ça hier >>, regrette Mme Girard. Eux ne rencontrent pas nécessairement les conditions et c'est quoi les conséquences?
Un nouveau mouvement CALME
L'action du jour n'est pas à l'initiative de la Municipalité, mais d'un nouveau mouvement né il y a moins d'un an et nommé CALME, pour comité autonome contre La Loutre, les mines et l'extractivisme.
<< On est un comité de gens qui sont un peu plus au sud de la Petite-Nation , à Ripon, St-André-Avellin, Montpellier, >> précise Éloi Halloran, un membre actif du CALME. << On a organisé cette action en solidarité avec l'Alliance des Municipalités Petite-Nation Nord et le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation. >>
<<Aujourd'hui, pour nous, c'était important de rendre visible le début des travaux, d'assurer une vigilance citoyenne et de rappeler l'opposition au projet >>, explique le résident de St-André-Avellin.
De nouveaux employés étonnés
Après quelque temps au carrefour, les manifestants ont décidé de se rendre plus près de l'entrée du site, en remontant le chemin forestier. Plus haut, ils rencontrent deux foreurs, étonnés de la mobilisation citoyenne.
<< On a appris ce matin, on était au bois tantôt et on nous a dit que c'était bloqué >>, lance Antoine Bérubé.
<< On est arrivé hier, en même temps que les machines pour commencer à travailler cette semaine >>, ajoute son collègue Marco Dupont.
Les deux employés viennent de Rimouski et disent travailler pour la compagnie Forage Val-d'Or, elle-même employée par Lomiko Metals pour le forage, avec une date limite de contrat au 15 décembre. On sort pour les vacances de Noël, assure M. Bérubé.
<< Nous, tout ce qu'on fait, c'est on creuse un trou, on sort la roche puis on leur donne >> ~ Une citation de Antoine Bérubé, employé de Forage Val-d'Or
Pour la suite, c'est un consultant de Lomiko Metals, Yves Desrosiers, qui apporte la réponse. Celui qui est le président de P3 Solutions, une firme de conseils en génie et en environnement, explique que dès la semaine prochaine, cinq forages de cinquante tonnes de minerais chacun seront effectués.
Même si les points de vue s'opposent entre le consultant et les manifestants, les échanges restent cordiaux.
<< Je ne suis pas d'accord avec vous >>, lance-t-il à une manifestante qui le défie sur les risques pour les lacs, les plans d'eau et les nappes phréatiques. << Les réglementations que les gouvernements ont fait principalement depuis 1996 sont là pour protéger les milieux, humains et humides >>, dit-il.
Deux agents de la Sûreté du Québec ont rejoint les manifestants qui s'étaient approchés encore plus de l'entrée du site pour effectuer une visite de vérification suite à un appel, a expliqué l'un d'eux aux opposants.
Des opposants qui ont déjà indiqué vouloir réaliser d'autres actions citoyennes.
Au moment de publier ce texte, ni l'entreprise Lomiko Metals ni le ministère des Ressources naturelles n'avaient répondu à nos demandes d'entrevue.











**************



Manifestation mouvementée contre le projet minier La Loutre
Megan Rochette 
27 novembre 2025 

Les travaux d’échantillonnage menés par Lomiko Metals dans le cadre du projet minier La Loutre, dans la Petite-Nation, ont été perturbés par une trentaine de citoyens.

Pancartes au point, des manifestants ont bloqué le passage aux véhicules qui tentaient d’emprunter le chemin qui mène au site minier, mardi matin, ce qui a parfois donné lieu à des échanges musclés

Les travaux d’échantillonnage de la compagnie minière Lomiko Metals ont débuté, lundi, sur le site du gisement de graphite de La Loutre, dans la Petite-Nation. Certains employés de la compagnie Forage Val-d’Or, engagée par Lomiko Metals, ont indiqué au Droit être arrivés lundi soir et avoir un contrat sur le territoire jusqu’au 15 décembre.

«On va faire du 8 à 4 pour creuser des trous de 200 mètres de profondeur et sortir les échantillons que les géomètres vont décider si c’est bon ou non», explique Antoine Bérubé, employé chez Forage Val d’Or.

Le Comité autonome contre La Loutre, les mines et l’extractivisme (CALME) organisait un rassemblement pacifique pour rappeler le refus du projet minier en Petite-Nation et pour assurer une vigilance citoyenne.

«Cet échantillonnage en vrac est un élément essentiel des travaux de recherche et développement en cours visant à accroître et à confirmer le processus de production de matériau d’anode», peut-on lire sur le site web de Lomiko Metals.

Les membres du CALME, quant à eux, considèrent que de tels travaux, qui peuvent aller de l’arpentage au forage, en passant par le décapage, auront un impact significatif sur la biodiversité et le paysage des lieux convoités par Lomiko Metals.

«C’est clairement une nuisance. Le territoire de la Petite-Nation est incompatible avec l’activité minière, parce que ce sont vraiment deux modes de vie et deux modes de développement du territoire qui s’opposent», affirme Éloi Halloran, administrateur du CALME.

Rassemblement mouvementé

Les quelque 30 manifestants présents au coin des chemins Sioui et Tour-du-Lac brandissaient leurs pancartes «Petite-Nation: incompatible avec l’activité minière», que l’on peut également apercevoir tout au long du chemin menant au site.

«On voit qu’il y a une opposition et une contradiction. C’est ce que ça prouve, qu’on soit plus qu’une vingtaine ici un mardi matin réunis pour s’opposer à ce projet», affirme Éloi Halloran, administrateur du CALME.

Les manifestants s’étaient aussi donné pour mission de bloquer le passage aux véhicules qui tentaient d’emprunter le chemin qui mène au site minier.

«On les laisse sortir du chemin, mais pas entrer», a lancé Pierre Vallières, un résident de Lac-des-Plages présent au rassemblement.

Un geste qui a créé du mécontentement et de l’agressivité à certains moments, alors que des voitures ont tenté de passer quand même.

Certains citoyens se sont également rendus à quelques kilomètres du site du projet minier La Loutre, où ils ont pu exprimer leur mécontentement directement à quelques employés de Lomiko Metals.

«Je sais que toi tu veux juste travailler, mais ce n’est pas la bonne place ici», a dénoncé une manifestante.

Les premiers répondants, de même que des agents de la Sûreté du Québec, se sont rendus sur place afin de s’assurer du bon déroulement du rassemblement.

«On ne savait pas avant ce matin»

Les employés de Forage Val-d’Or, présents sur le terrain mardi matin, ont reconnu qu’ils n’étaient pas au courant du mécontentement des citoyens de la région envers le projet pour lequel ils ont été mandatés.

«On l’a appris ce matin, quand notre patron nous a dit que c’était bloqué en bas», a dit Antoine Bérubé, qui réside à Rimouski dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Un autre employé, originaire de Val-d’Or, a affirmé l’avoir appris en voyant les pancartes sur le côté du chemin.

Pour M. Bérubé, c’est une première. Il affirme qu’il voit souvent ces manifestations dans les médias, mais qu’il n’a jamais été confronté à ce genre de situation sur le site où il travaille.

Les employés ont indiqué comprendre l’inquiétude des gens, mais tentaient d’être rassurants en affirmant suivre les normes.

«Très dérangeant»

Les citoyens habitants dans les environs disent déjà subir les conséquences du début des travaux.

«De ma cuisine, je vois les camions passer et le bruit est très dérangeant, témoigne France Jodoin, résidente depuis plus de 50 ans à Lac-des-Plages, une municipalité voisine au projet minier La Loutre.

«On voit tout de suite l’impact que ça peut avoir ne serait-ce qu’au niveau routier et du bruit, déplore, quant à lui, Pierre Vallières. Ça nous démontre seulement une prémisse de ce que ça pourrait être si jamais une mine venait à être ici.»

Selon les citoyens, le chemin qu’empruntent les camions est déjà beaucoup plus large qu’il l’était lundi matin.

«Je suis venu pas plus tard que lundi matin et ça ne ressemblait pas du tout à ça», souligne M. Halloran.

Visites guidées

La compagnie minière a annoncé sur sa page Facebook vouloir organiser des visites guidées cet hiver, lors des travaux d’échantillonnage en vrac.

Ces visites, sous inscriptions seulement, pourraient permettre aux citoyens d’observer le projet sur le terrain, poser des questions et en apprendre davantage sur le développement du projet La Loutre.

Éloi Halloran affirme avoir communiqué avec Lomiko Metals pour s’inscrire à ces visites, mais soutient n’avoir reçu aucune réponse.

«Je sais que l’information circule auprès des élus par rapport à ces visites, mais je pense que les personnes citoyennes devraient aussi pouvoir avoir accès à ça, souligne M. Halloran. Techniquement, ce sont des terres de la Couronne, alors si Lomiko ne nous invite pas, on va aller voir.»

Alors que les citoyens appellent les gouvernements à annuler le projet minier La Loutre, Lomiko Metals semble continuer ses démarches.

Même sans l’apport financier du gouvernement du Québec, l’entreprise avait rappelé, l’an dernier, avoir obtenu des subventions de la part du gouvernement canadien et du gouvernement américain totalisant 14 millions de dollars.

Lomiko Metals n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue. »