lundi 3 mai 2021

Au tour de la Fédération histoire Québec de demander la préservation du Lodge du lac Simon

 


Au tour de la Fédération histoire Québec de demander la préservation du Lodge du lac Simon
Benoit Sabourin
3 mai 2021

La Fédération histoire Québec (FHQ) joint sa voix à celle de la Société d’histoire de l’Outaouais afin de demander à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) de sauvegarder, de restaurer et de mettre en valeur le Lodge du lac Simon, à Duhamel, ce chalet en bois qui a autrefois servi d’auberge et de salle de réception pour les dirigeants de la compagnie Singer.

Le bâtiment, qui était utilisé dans l’ère moderne par le Centre touristique du Lac-Simon, est fermé depuis 2019 après que de l’amiante ait été découvert à l’intérieur des lieux. La Sépaq étudie depuis l’automne 2020 ses options quant à l’avenir de l’immeuble construit dans les années 1940.

«La Fédération Histoire Québec (FHQ) appuie sans réserve l’offensive menée par la Société d’histoire de l’Outaouais, le comité de conservation du Lodge du lac Simon et nombre de citoyens de la région afin d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur de ce patrimoine exceptionnel. Il nous apparaît que la question de choix entre la destruction ou la sauvegarde et la mise en valeur ne devrait pas se poser pour un élément de cette valeur. Ce lodge, d’une grande richesse architecturale est inspiré de la tradition des bâtiments rustiques des clubs de chasse et pêche. Il témoigne de la villégiature, d’abord comme auberge de compagnie, puis comme bâtiment de service du Centre touristique du Lac Simon», écrit le président du comité du patrimoine de la FHQ, Clément Locat, dans une lettre envoyée lundi à André Despatie, directeur général des parcs nationaux et campings à la Sépaq.

(...)

 

dimanche 2 mai 2021

L’épopée Industrielle de la Singer en Outaouais

L’épopée Industrielle de la Singer en Outaouais
Benoit Sabourin
1 maie 2021

La Singer Manufacturing Company, réputée pour ses machines à coudre au XIXe et XXe siècle, avait beau être américaine, une partie de ses opérations s’est déroulée entre Thurso et Duhamel, de 1926 à 1964. Le Droit vous propose cette semaine un retour dans le temps afin de revisiter une épopée industrielle importante ayant marqué l’histoire de la Petite-Nation, en Outaouais.

C’est en 1923 que la compagnie Singer fait l’acquisition, pour 500 000 $, des concessions forestières que la compagnie W.C. Edwards avait vendues quelques années auparavant à la Gatineau Company, l’une des succursales prête-noms de la International Paper Company. La transaction inclut plus de 500 miles carrés de terres forestières qui s’étalent un peu au nord de Thurso jusqu’au sud de Mont-Laurier.

 

 
« Vers 1923, la International Company, celle qui va donner naissance à la CIP, va avoir des problèmes financiers. Ils sont pris avec des concessions forestières et des pouvoirs d’eau. La compagnie risquait de tout perdre parce qu’elle était en défaut de paiement. C’est à ce moment-là que la Singer, qui avait de l’argent, a flairé le bon coup. Ils cherchaient depuis longtemps à avoir leur propre scierie et pas pour n’importe quelle sorte de bois. Ce qu’ils recherchaient, c’était du bois franc. Pour un demi-million comptant, la Singer va réussir à mettre la main sur la plupart des concessions forestières qui sont dans le bassin de la rivière Blanche et Petite-Nation, jusqu’à l’intérieur des terres », explique l’historien Pierre Louis Lapointe, auteur de Thurso : sa rivière et son domaine forestier (1807-2017).
 
Une exemption de taxes de 20 ans comme appât

Dès lors, plusieurs localités situées en bordure de la rivière des Outaouais se font la lutte pour tenter d’attirer l’entreprise dont le siège social était établi au New Jersey. La Singer projette la construction d’une ligne de chemin de fer, d’une scierie, d’une cour à bois et éventuellement d’autres usines. 

Des travailleurs chargent des billes de bois sur les wagons de la Thurso and Nation Valley Railway, en mai 1929, à la baie de l’Ours, sur le lac Simon. 

COLLECTION PIERRE LOUIS LAPOINTE, SÉRIE «GATINEAU POWER»

« Quand on parle des compétiteurs possibles de Thurso, il y avait Fassett qui avait beaucoup de maisons inoccupées parce qu’on avait perdu énormément de monde lorsque la Fawcett Lumber Company avait transféré ses opérations en Ontario quelques années auparavant », note au passage M. Lapointe.

Le maire de Thurso, Gonzague Gagnon, et ses échevins convoquent en février 1924 une assemblée spéciale. Le conseil adopte une résolution qui propose notamment aux dirigeants de la Singer une exemption de taxes municipales sur 20 ans si la compagnie décide de s’établir dans le village. En échange, on demande que l’entreprise « emploie 200 hommes dans les trois années de la présente date ».

 


Pierre Louis Lapointe souligne que même le curé Joseph-Gustave Desrosiers va signer une promesse de vente exclusive à la compagnie Singer d’un lot qui avait été donné aux catholiques de Thurso par John Fraser de Berry, ancien Seigneur de Contrecœur et de Cournoyer. Une entente sera finalement conclue entre les instances municipales et la compagnie.

La nécessité d’un chemin de fer

Ce que la Singer veut aller récolter en forêt, c’est le bouleau jaune (merisier), un bois dur qui sert à la confection des meubles de machines à coudre. Puisque ce bois ne flotte pas, la drave n’est pas une option pour rapatrier les billes vers les installations de sciage de Thurso et il n’existe aucun système de transport routier en forêt à cette époque, rappelle M. Lapointe.



La solution passe par la Thurso and Nation Valley Railway (TNVR) qui est incorporée en mars 1925. Cette filiale de la Singer va assurer la gestion de la future voie ferrée et de la locomotive qui transportera le bois vers Thurso. La construction des rails vers Duhamel, qui deviendra le quartier général forestier de la compagnie, s’amorce à l’été 1925. À l’automne 1926, déjà 51 kilomètres de voie ferrée sont aménagés.

Le train forestier se rend jusqu’au lac Simon, à la fin de la décennie. Toutefois, la Grande Dépression de 1929 vient stopper les travaux de la ligne ferroviaire. La locomotive atteindra Duhamel seulement en 1942, alors que la Seconde Guerre mondiale stimule les activités de la Singer. « La Singer va ouvrir une usine de fabrication de contreplaqués pour sa fabrication de meubles à Thurso, notamment pour ses machines à coudre. La guerre et l’après-guerre, c’est une période de prospérité pour la compagnie. On va même prolonger la voie ferrée un peu plus loin que Duhamel. Signe de la bonne santé de la compagnie, les locomotives à vapeur sont remplacées par des locomotives au diesel en 1946 », précise l’historien Michel Prévost, en entrevue. À terme, la ligne du train s’étendra sur 90 kilomètres.


 
Déclin et rachat par la James Maclaren

À la fin des années 1960, le marché des machines à coudre est de plus en plus compétitif à l’échelle mondiale. La Singer tente de diversifier son marché. En 1959, on rapatrie à Thurso les opérations de fabrication et de finition des cabinets de machines à coudre qui se faisaient auparavant à l’usine de Saint-Jean.

En 1956, la compagnie fait même construire, au coût de 21 millions de dollars, une usine de pâte kraft à Thurso. Le 16 mars 1958, une première fumée sort des cheminées de la Thurso Pulp and Paper Company qui deviendra au fil des décennies l’usine Fortress qu’on connaît aujourd’hui.

Le règne de la Singer tire cependant à sa fin. « En 1964, tous ces actifs, incluant le chemin de fer et ses concessions forestières, passent aux mains des Industries James Maclaren de Masson », souligne M. Lapointe.

En 1986, alors que le camionnage est de plus en plus utilisé pour transporter le bois, la compagnie James Maclaren décide de fermer définitivement la voie ferrée reliant Thurso à Duhamel. Les rails seront par la suite démantelés.

« Aujourd’hui, beaucoup de motoneigistes et de gens qui font du V.T.T. à Duhamel ignorent qu’ils circulent sur l’ancienne voie ferrée de la Singer, souligne l’historien Michel Prévost. On parle d’une voie ferrée qui été opérée durant 60 ans, ce qui est quand même très important. À part la ligne du Canadien Pacifique, qui reliait Montréal à Hull et qui suit la rivière des Outaouais, la voie ferrée de la Singer a été la seule qui entrait dans le territoire de la Petite-Nation. » (...)

 



À 15 ans sur les chantiers, six jours sur sept
Benoit Sabourin
1 mai 2021

Émile Brodeur n’avait que 15 ans quand il a débarqué sur les chantiers forestiers de la compagnie Singer, à Duhamel. L’homme natif de Montréal a 89 ans aujourd’hui et il a encore bien frais en mémoire les souvenirs de cette époque.

« On ne faisait pas un gros salaire. Je faisais 78 $ par mois. Dans ce temps-là, on était tous pauvres. Quand j’ai reçu ma première paie à moi, je me suis rendu au magasin à Chénéville et je me suis habillé des pieds à la tête avec ça », raconte au bout du fil celui qui habite toujours Duhamel.

Quand M. Brodeur a été embauché par la Singer, en 1946, le premier emploi qu’il a occupé, c’était celui de bûcheron. Sous les ordres du contremaître, lui et ses confrères faisaient la coupe pour défricher les chemins en forêt et récolter le Saint Graal tant convoité par la Singer : le bouleau jaune, mieux connu sous le nom de merisier au Québec.

À grands coups de haches et de godendards, ces grandes scies maniées par deux personnes, les ouvriers, jeunes et moins jeunes, travaillaient à la sueur de leur front de longues journées, des mois durant, été comme hiver. Les chantiers étaient fermés à peine quelques mois durant le printemps.

« On partait le dimanche au soir ou le lundi matin et on revenait à la maison juste le samedi soir. On dormait sur le chantier, dans des camps. Toutes les semaines, c’était de même. Pour un jeune, c’était quelque chose, mais c’était la vie de ce temps-là », confie M. Brodeur.

Cordés dans de petits chalets, entre 50 et 60 employés dormaient dans des lits superposés. L’hiver, un homme était payé la nuit seulement pour chauffer le poêle, se souvient M. Brodeur.

Dans la forêt, le travail n’était pas sans risque. La machinerie n’était pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui. « Dans ce temps-là, les bulldozers étaient petits. Ils n’étaient pas assez forts pour arracher les souches. Pour les casser, ça prenait de la dynamite », explique M. Brodeur.

Et les accidents de travail ? « Ça arrivait, c’est sûr, mais c’était comme ça. Ça ne nous faisait pas peur. Il fallait faire attention. Quand tu en mettais quatre ou cinq (bâtons de dynamite) ensemble, il fallait mettre les mèches plus longues et aller se cacher, sinon tu te faisais tuer », répond le principal concerné, rire à l’appui. (...)

M. Brodeur a aussi travaillé à l’entretien du chemin de fer. Il a également été assistant au chef cuisinier sur les chantiers.

« On avait toujours quatre sortes de menus sur la table. On était très bien nourri. Fèves, ragoût, tourtière, patates, on mangeait toutes sortes d’affaires », dit-il, à propos de la nourriture qui était servie aux ouvriers.

Après une vingtaine d’années à avoir donné tout son cœur à l’ouvrage pour l’entreprise, M. Brodeur a quitté son emploi pour devenir gardien du Club des 12, un club privé de chasse et pêche qui régnait sur le territoire de Duhamel. C’était dans les années 1960, à l’âge d’or des clubs privés, avant que l’accès aux terres du domaine de l’État soit démocratisé avec la création des réserves fauniques.

Il a par la suite fondé son entreprise de construction et a fait une longue carrière de contremaître et entrepreneur jusqu’à sa retraite. (...)

jeudi 15 avril 2021

Exploitation Minière en Outaouais: Pas à n'inporte quel prix

 Exploitation minière en Outaouais: Pas à n'inporte quel prix

 



 
 
Exploitation minière en Outaouais: Pas à n'inporte quel prix
Maxime Coursol et Yannick Bousier
Info Petite Nation
14 Avril 2021
 

mercredi 14 avril 2021

Exploitation Minière: Les Laurentides Mal Protégées Contre L’industrie Minière

 


Exploitation Minière: Les Laurentides mal protégées contre l’industrie minière
Maxime Coursol 
13 avril 2021

Quand on pense aux Laurentides, en général, les images qui nous viennent spontanément à l’esprit sont des forêts, des montagnes, des lacs et des rivières. Or, il se pourrait qu’un jour, on ajoute à ceci des mines.

Dans la foulée de l’annonce de l’autorisation d’un projet de mine de graphite à ciel ouvert à Saint-Michel-des-Saints, près du Parc national du Mont-Tremblant dans la région de Lanaudière, L’info s’est demandé si de tels projets pouvaient voir le jour dans les Laurentides. Le journal a croisé dans ses recherches le Regroupement de Protection des Lacs de la Petite-Nation (RPLPN), un groupe de citoyens de l’Outaouais qui lui a fourni des cartes des claims miniers dans la région, en février 2021.

Ces cartes, dont l’authenticité a été confirmée par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec (MERN), sont reproduites ci-haut. On peut constater en effet que des territoires dans 12 municipalités entre Rivière-Rouge et Ivry-sur-le-Lac se trouvent sous claim, c’est-à-dire qu’une compagnie d’exploration a obtenu un titre minier d’exploration délivré par l’État pour y rechercher des substances minérales.

Selon le MERN, dans la MRC des Laurentides, on compte au total 119 claims actifs, totalisant une superficie de 6579 hectares (ha). Plus au nord, dans la MRC d’Antoine-Labelle, c’est 2003 claims qui sont actifs, totalisant une superficie de 113 723 ha.

Ajoutons par ailleurs que selon la Loi sur les mines, le titulaire de claim en terres privées doit obtenir l’autorisation écrite préalable du propriétaire du terrain avant de pouvoir y accéder pour y faire des travaux d’exploration, en plus d’aviser la municipalité et le propriétaire foncier à l’avance des travaux qu’il prévoit exécuter.

Des minéraux stratégiques dans le sous-sol

Toujours selon le MERN, les substances déclarées recherchées dans nos MRC sont principalement le zinc, le titane, le vanadium, le cobalt, le cuivre, la kaolinite, le silicium, l’or, le graphite, le lithium, l’argent et le plomb. Le ministère a toutefois assuré à L’info dans un courriel officiel que « bien que des claims actifs aient été octroyés depuis 2001, l’activité d’exploration dans ces deux MRC n’a mené à aucun projet minier et à aucun projet de mise en valeur. »

Ceci dit, plusieurs citoyens se demandent, depuis l’adoption par Québec d’un « Plan de valorisation des minéraux critiques et stratégiques », si l’industrie minière ne risquait pas s’activer davantage dans la région. C’est que ce Plan a pour but avoué de favoriser au Québec l’extraction des minéraux essentiels à la conception de batteries de véhicules électriques. Parmi les minéraux nommés dans ce Plan, on en trouve justement plusieurs présents sur le territoire des Laurentides: le cuivre, le zinc, le graphite, le lithium, le titane et le vanadium.

 


Exploitation minière: inquiétude généralisée autour des lacs de la région
Maxime Coursol Avec la collaboration de Yannick Boursier.
13 avril 2021
 
La possibilité de voir un jour des mines s’implanter dans la région, riche en minéraux stratégiques pour le développement de la filière du transport électrique, provoque de nombreuses inquiétudes dans les Laurentides et l’Outaouais voisine.

Parmi les citoyens inquiets, citons les membres du Regroupement de Protection des Lacs de la Petite-Nation (RPLPN), dont le territoire couvre la MRC de Papineau. Les municipalités de Lac-des-Plages et Boileau, voisines d’Amherst et d’Huberdeau, en font notamment partie. Selon Louis St-Hilaire, porte-parole du RLPN, il y a déjà en ce moment de la prospection dans la MRC de Papineau, ce qui a poussé des citoyens à se regrouper il y a bientôt deux ans. Il croit que c’est une question de temps avant que les prospecteurs ne passent de l’autre côté de la frontière commune de l’Outaouais et des Laurentides et dit craindre de voir de beaux lieux de villégiature être saccagés par l’industrie minière dans la région.

« Les claims miniers ne sont pas modulés en fonction de l’environnement, déclare-t-il. Ici, on tente de faire avancer le dossier conjointement avec la MRC, mais les normes actuelles ne sont pas compatibles avec nos milieux. »

À titre d’exemple de ces normes mal adaptées, il évoque le fait que pour protéger un lac, selon la mouture actuelle de la Loi sur les mines du Québec, il faut qu’il y ait un minimum de cinq habitations. « Et encore, si sur une rive il y a cinq habitations, dont ton chalet, mais qu’il n’y en a aucune sur l’autre rive, une mine pourrait s’installer en face de chez vous de l’autre côté du lac et tu ne pourrais rien faire pour l’en empêcher », déplore-t-il.

Une réforme sans conséquence?

Dans une lettre ouverte publiée le 28 février dans La Presse, M. St-Hilaire, au nom du RLPN, et le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, ont dénoncé le fait que la réforme de la Loi sur les mines en 2013 pour « mieux concilier les enjeux environnementaux, sociaux et économiques soulevés par les activités minières », selon le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), était en grande partie inopérante, en raison de multiples restrictions. Ils citaient notamment en exemple la MRC juste de l’autre côté de Saint-Eustache, sur la rive sud-ouest du lac des Deux-Montagnes.

« [La] MRC de Vaudreuil-Soulanges, qui compte 160 000 personnes, n’arrive pas à soustraire le mont Rigaud de l’activité minière. Si on n’arrive pas à protéger le mont Rigaud, imaginez ce qu’il pourrait advenir des joyaux de la Couronne que sont les montagnes et les cours d’eau des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais », avançaient-ils.

Cela dit, le MERN a affirmé à L’info qu’au contraire, cette réforme se montrait efficace, notamment sur notre territoire. « Depuis 2017, les MRC peuvent utiliser leur nouveau pouvoir de délimiter des territoires incompatibles avec l’activité minière. […] D’ailleurs, la MRC d’Antoine-Labelle est dans ce processus puisqu’une suspension temporaire est en vigueur sur une partie de son territoire. Il en est de même pour la MRC des Laurentides. »

Selon le MERN, dans les cinq dernières années, à travers la province, 37 MRC ont fait des demandes pour déclarer certains territoires incompatibles avec l’activité minière, 11 MRC ont des territoires incompatibles en vigueur et 23 MRC (dont les nôtres) bénéficient d’une suspension temporaire de l’octroi de nouveaux droits miniers sur leurs territoires, en attendant de finaliser leur démarche.

Le MERN dit par ailleurs « encourager » les MRC à compléter leurs démarches de délimitation de territoires incompatibles avec l’activité minière.

Solution: un périmètre de protection

Interrogé par nos collègues de l’Outaouais, le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, dit souhaiter obtenir le droit d’avoir un périmètre autour d’un lac pour le protéger de l’implantation d’une mine, au même titre qu’il existe un périmètre autour d’un noyau urbain. « Une bande de protection qui peut être de 600 m ou 1000 m où il ne peut pas avoir d’activités minières », a-t-il déclaré.

Avec un territoire comme la MRC de Papineau, où il y a beaucoup de lacs et où on retrouve déjà plusieurs claims, ça devient un enjeu important pour les municipalités, indique M. Lauzon. Le même constat peut s’appliquer aux MRC des Laurentides et d’Antoine-Labelle.

Ce que les municipalités peuvent faire en vertu de la Loi sur les mines

Selon le MERN, les MRC peuvent délimiter un territoire incompatible avec l’activité minière jusqu’à un kilomètre d’un périmètre d’urbanisation. Hors des périmètres d’urbanisation, les MRC doivent démontrer que l’identification et la délimitation des territoires incompatibles sont conformes aux critères et aux exigences établis dans l’orientation gouvernementale en aménagement du territoire relative à l’activité minière.

Les MRC peuvent aussi y ajouter une bande de protection de 600 mètres. De plus, certaines activités agrotouristiques, récréotouristiques, de conservation et de prélèvement d’eau souterraine ou de surface sont susceptibles de justifier des territoires incompatibles avec l’activité minière.

 

 


Exploitation minière Les élus unis pour protéger le territoire
Maxime Coursol Avec la collaboration de Yannick Boursier.
13 avril 2021
L'info du Nord

La présence de gisements de minéraux stratégiques tels le graphite dans notre région laisse craindre l’apparition à plus ou moins brève échéance de mines pour les exploiter. Conscientes de cet enjeu, tant la MRC des Laurentides que la députée de Labelle, Chantale Jeannotte, tiennent à ce que des balises soient mises en place.
 

Du côté de la MRC des Laurentides, une démarche est en cours depuis 2018 pour délimiter les territoires incompatibles avec l’activité minière (TIAM). Du 20 janvier au 4 février dernier, elle a d’ailleurs tenu une consultation publique écrite auprès de sa population, afin d’intégrer les TIAM à son schéma d’aménagement, dans le cadre d’une procédure de modification de celui-ci.

Le processus a pour but de démontrer que sur le territoire identifié pour devenir un TIAM, la viabilité de certaines activités serait compromise par les impacts engendrés par l’activité minière. Or, si la Loi sur les Mines dans sa mouture actuelle et l’adoption d’une orientation provinciale en aménagement du territoire permettent de délimiter des territoires qui pourraient être protégés de l’activité minière, ça ne règle pas tout.

C’est que l’industrie minière a déjà des claims, c’est-à-dire des droits sur certaines portions du territoire pour y mener des activités d’exploration et, ultimement, d’exploitation. Ces titres actifs de claims ne peuvent être remis en question dans le cadre de la loi actuelle.

Seuls les TIAM où il n’y a aucun claim actif peuvent être inscrits sur les cartes des titres miniers du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, ce qui veut dire que le ministère ne pourra octroyer de nouveaux titres miniers sur ces territoires.

La MRC proactive

Devant cette réalité, plusieurs MRC ont formé un front commun pour que le gouvernement révise le cadre légal et donne plus de pouvoirs aux municipalités afin qu’elles protègent leur territoire de l’appétit des compagnies minières. Un comité a été créé à la Fédération québécoise des municipalités (FQM), sur lequel siège notamment le préfet de la MRC des Laurentides, Marc L’Heureux. Ce comité fait des représentations à Québec afin de contrebalancer celles de l’industrie minière auprès du gouvernement provincial.

La bataille est cependant loin d’être gagnée, selon la directrice générale de la MRC des Laurentides, Nancy Pelletier. « On sait que le gouvernement actuel tient à développer la filière des véhicules électriques chez nous et pour ça, il faut exploiter certains minéraux stratégiques comme le graphite. La question, dans le fond, c’est quel lobbying va être le plus fort pour l’emporter », croit-elle.

Elle illustre la problématique comme ceci: « Nous, dans la MRC des Laurentides, nous n’avons pas de gros parc industriel, mais nous avons un parc nature. C’est grâce à lui, dans toutes nos municipalités, qu’on fait vivre notre population et qu’on attire des touristes et des villégiateurs. Si tu puises dedans, en le défigurant pour faire des mines, que restera-t-il quand le gisement sera épuisé? », demande-t-elle.

La députée prudente

De son côté, la députée caquiste de Labelle, Chantale Jeannotte, croit qu’il y a possibilité de préserver l’environnement unique qui fait la renommée des Laurentides sans pour autant rejeter complètement l’activité minière.

« Tout réside dans l’harmonisation des usages, avance-t-elle. Il faut avoir un équilibre entre le tourisme et l’exploitation des ressources naturelles, un peu comme pour les coupes forestières. Pour l’instant, ce serait un peu prématuré de prendre position. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’on ne fera pas du développement économique à tout prix! »

Elle ajoute collaborer étroitement avec les deux MRC de sa circonscription, des Laurentides et d’Antoine-Labelle, afin d’être à leur écoute. « Aujourd’hui, l’acceptabilité sociale est tellement importante, on ne peut plus passer à côté », conclut-elle.

UMQ

Du côté de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le sujet est également à l’ordre du jour. En janvier, le groupe de pression a tenu un atelier de consultation à ce propos, en raison des nombreuses demandes des membres.

« Au cours des prochains mois, nous allons continuer d’étudier le dossier dans le but de présenter des propositions constructives au gouvernement en lien avec les enjeux que les municipalités de plusieurs régions vivent par rapport aux TIAM, notamment en ce qui concerne la protection de la villégiature », a indiqué Patrick Lemieux, conseiller aux communications et aux relations médias de l’UMQ.

 


Exploitation minière: les maires demeurent vigilants
Maxime Coursol Avec la collaboration de Ronald McGregor.
13 avril 2021
 
Les maires d’Amherst, Labelle et La Minerve gardent un œil attentif sur l’évolution de possibles développements miniers dans leurs municipalités, mais pour l’instant, rien n’indique que de tels développements auront lieu.
 

« Je sais que des claims existent sur le territoire de la municipalité, mais à ma connaissance, il n’y a pas de prospection sur le terrain en ce moment. Par contre, on a des inquiétudes pour l’avenir », déclare d’entrée de jeu Jean-Guy Galipeau, maire d’Amherst.

C’est que contrairement à plusieurs municipalités des Laurentides, Amherst a eu un passé minier, qui n’a pas laissé de souvenirs très positifs. Il y a eu une mine de kaolin dans le secteur Saint-Rémi, en exploitation durant toute la première moitié du 20e siècle. De plus, entre le village de Saint-Rémi et le lac Brochet, à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, il y avait une mine de graphite en exploitation. Sitôt après la guerre, elle a été fermée. On peut voir encore sur le site des tranchées creusées dans le sol, rappelant le travail des mineurs à cet endroit.

Depuis, Amherst a suivi la voie du reste des Laurentides et s’est convertie au tourisme, son principal moteur économique depuis 50 ans. Or, c’est précisément ce moteur économique qui pourrait être mis en péril par l’apparition de mines sur son territoire, selon le maire.

Ce qui inquiète le plus M. Galipeau, c’est que les municipalités ont peu de recours contre la Loi sur les mines actuellement en vigueur au Québec. Rappelons que cette loi date de 1880 et que, malgré quelques réformes depuis, elle est encore considérée en général comme donnant à l’industrie minière un pouvoir disproportionné sur l’aménagement du territoire.

C’est pourquoi le maire Galipeau est heureux de voir la MRC des Laurentides prendre le taureau par les cornes en demandant au gouvernement une nouvelle réforme en profondeur du cadre légal actuel. « Il faut une longueur d’avance si ça doit s’installer chez nous, et c’est ce que la MRC essaie de faire: protéger notre environnement avant qu’une mine s’installe », avance-t-il.

Inquiétudes plus au nord

Du côté de Labelle aussi, il y a des inquiétudes. Le territoire où il y a des claims est petit, mais pose un problème, selon le maire Robert Bergeron: c’est qu’il s’agit des alentours du populaire lac Labelle, un lieu qui fait la réputation récréotouristique de la Municipalité. Le maire se veut rassurant, expliquant à L’info que protéger les propriétaires autour du lac est une priorité.

« À Labelle, on travaille étroitement avec elle (la MRC des Laurentides) pour protéger le territoire, mais ça ne veut pas dire que nos recommandations acheminées vers le gouvernement vont être respectées. La Loi des mines, c’est compliqué, c’est des ressources naturelles. Chose certaine, nous faisons tout en notre pouvoir pour aussi protéger les zones qui ont un intérêt environnemental. Avec la MRC. »

Le maire de La Minerve, Jean-Pierre Monette, abonde dans le même sens. « L’inquiétude est là, car c’est très près de nous. Nous ne savons pas quand ça va se réaliser. […] Ce ne sont pas de petites parcelles de terre. » L’élu assure qu’une lettre sera envoyée au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, afin de lui faire part de l’inquiétude face à ces projets importants.

 

 

mardi 13 avril 2021

Une Pétition pour la Préservation du Lodge du Lac-Simon

Une pétition pour la préservation du Lodge du Lac-Simon au Centre touristique du Lac-Simon à Duhamel

Une pétition pour la préservation du Lodge du Lac-Simon
13 avril 2021 

 

Une pétition a été lancée sur internet pour inviter la Sépaq à ne pas démolir le Lodge du Lac-Simon qui est au Centre touristique du Lac-Simon à Duhamel.

Nathalie Tremblay est derrière cette démarche. Elle travaille le dossier depuis plusieurs mois alors que les possibilités de démolition de cette bâtisse se font de plus en plus fortes.

Le Lodge du Lac-Simon est présentement inutilisé puisque de l’amiante et du plomb ont été trouvés à l’intérieur en 2019. La Sépaq a donc fermé l’accès pour des raisons de sécurité.

C’est aussi ce qui amène des questions sur le futur de cette bâtisse. La Sépaq, qui est un organisme gouvernemental, se doit de décider si elle fait les travaux pour la remise en état de la bâtisse ou si elle est démolie pour construire autre chose.

Nathalie Tremblay souhaite que ce soit la première option qui soit retenue. Pour elle, le bâtiment, même s’il n’a pas de citation patrimoniale, a une valeur patrimoniale pour toute la région qui doit être prise en compte.

C’est ce qu’elle a voulu mettre de l’avant avec ses démarches. «Les décisions se prennent à Québec. Je voulais m’assurer qu’ils prennent en considération le côté patrimonial. Pas juste y aller avec le budget et dire que ça coûte trop cher.»

«Sans les démarches qu’on fait, je ne pense pas que la valeur patrimoniale était prise en compte.»

Duhamel

Le maire de Duhamel, David Pharand croit lui aussi que l’édifice a une valeur patrimoniale qui dépasse les critères du gouvernement. Il représente l’histoire de la coupe du bois dans la région.

«Pour moi, la question n’est pas de dire : est-ce que le bâtiment est cité ou est-ce qu’il rencontre les critères? Mais plutôt dire : est-ce qu’on peut appliquer des règles plus souples. Est-ce que ce bâtiment-là mérite d’être démoli et reconstruit plutôt que d’être sauvegardé ?»

Ce dernier souligne que les discussions vont bien avec la Sépaq. «J’ai eu des discussions avec eux. Ils sont bien conscients de leur responsabilité de citoyens corporatifs. Ils sont conscients de leur responsabilité. Ils travaillent fort à trouver une solution.»

Une étude plus détaillée est en cours pour tenter de confirmer cet aspect patrimonial, affirme M. Pharand. «L’étude qu’ils sont en train de faire va nous amener des réponses bien documentées pour la prise de décision. Ce n’est pas une décision facile.»

«Je m’attends, avant que la Sépaq prenne une décision, qu’ils vont respecter l’engagement qu’ils ont pris d’impliquer et informer le milieu dans cette prise de décision, ajoute-t-il. L’important c’est qu’on ait toute l’information et qu’on ait la chance de l’influencer.

Sépaq

Du côté de la Sépaq, on a répondu à notre demande d’entrevue par courriel. Affirmant qu’aucune décision n’est prise, on indique que «la Sépaq partage avec plusieurs membres de la communauté un fort sentiment d’attachement à l’endroit du Lodge du Lac-Simon».

L’organisme confirme aussi avoir mandaté une firme «afin de vérifier si, au-delà de la structure au sens stricte, le rôle rassembleur tenu dans la région par le Lodge à travers les décennies lui confère une valeur particulière sur le plan du patrimoine humain». Aucun échéancier n’est disponible pour le dépôt de cette nouvelle étude.

Une nouvelle analyse des coûts a aussi été demandée alors que les premières estimées prévoient que le coût de restauration pourrait «plus que doubler» en raison de l’amiante.

«La valeur du bâtiment en termes de patrimoine bâti et humain est primordiale dans l’appréciation des coûts de restauration que la Sépaq peut justifier à titre de gestionnaire public rigoureux.»

www.change.org/p/sepaq-protéger-le-lodge-du-lac-simon-bâtiment-faisant-partie-du-patrimoine-de-duhamel

 

À la rescousse du Lodge du lac Simon
Benoit Sabourin
13 avril 2021

Une véritable mobilisation citoyenne est en cours dans le nord de la Petite-Nation afin de sauver le Lodge du Centre touristique du Lac-Simon, un bâtiment à forte valeur historique situé à Duhamel qui est menacé de démolition par la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq).

Une pétition réclamant à la Sépaq « un moratoire sur toutes décisions impliquant la démolition de l’immeuble » avait récolté, en date de vendredi matin, plus de 770 noms. Le document circule en ligne depuis le mois de novembre dernier. C’est que le Lodge du Centre touristique du Lac-Simon, qui a été construit dans les années 1940 et qui servait à l’époque d’auberge et de salle de réception pour les dirigeants de l’entreprise Singer, fait l’objet d’une étude de coûts de la part de la Sépaq.

Dans l’histoire moderne, l’endroit était utilisé quatre mois par année par la Sépaq jusqu’en 2019. On y retrouvait un dortoir pour les employés du Centre touristique du Lac-Simon, une salle commune d’activités, un local pour projeter des films, des bureaux, une buanderie et des salles de bain. 

« En 2019, des études ont démontré une présence importante et insoupçonnée d’amiante et de plomb dans le bâtiment. Le Lodge n’est donc plus utilisé depuis ce moment en raison des risques posés à la santé. Selon les premières estimations, la décontamination du bâtiment ferait plus que doubler le coût de sa restauration », a expliqué par voie de courriel au Droit le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

La Sépaq est toujours en réflexion à savoir si le chalet en bois sera restauré ou démoli. C’est en apprenant cette information que Nathalie Tremblay a fait le saut. L’instigatrice de la pétition et du mouvement citoyen derrière la sauvegarde du Lodge du lac Simon ne peut pas concevoir que le paysage de Duhamel puisse perdre un pan aussi important de son patrimoine bâti, elle dont l’arrière grand-père, Alexandre Tremblay, a été l’un des fondateurs du village. 

« Il faut conserver le Lodge tel quel, clame Mme Tremblay. Ce bâtiment représente le début de la colonisation et toute l’histoire des chantiers du bois, des bûcherons, de la Singer et de tous ces grands boss anglophones. À Duhamel, au début, il y avait quatre ou cinq maisons et c’était toutes des maisons de foreman qui avaient été bâties par la compagnie Singer. Ça fait partie de l’essor du village. L’entreprise venait chercher le merisier ici pour fabriquer des moulins à coudre. Le Lodge, c’est une partie importante de notre histoire. »

Éviter de répéter les erreurs du passé

Trop souvent, souligne Mme Tremblay, des édifices avec un certain cachet patrimonial et gérés par la Sépaq ont passé sous le pic des démolisseurs. C’est pour cette raison que cette dernière, aidée par sa sœur Roselyne et son amie Brigitte Fournier, ont décidé de prendre de front le dossier et de mobiliser la communauté.

« Quand on regarde ce qui s’est produit dans le passé, c’était important de réagir. Il ne reste plus beaucoup de bâtiments patrimoniaux dans la municipalité. Tout a été démoli. Dans le Parc Papineau-Labelle, des gens avaient fait des pressions pour éviter que le Chalet de l’hôte soit démoli, mais il a été rasé. Nous avons aussi perdu la maison blanche en haut de la plage du lac Simon, qui était aussi la propriété à l’époque de la Singer. »

 

Il est temps, selon Mme Tremblay, que la Sépaq fasse amende honorable avec le Lodge du Centre touristique du Lac-Simon.

« Les gens ici sont un peu aigris parce que la Sépaq à Duhamel a été longtemps la vache à lait des autres centres touristiques au Québec qui fonctionnaient moins bien. L’argent rentre facilement au lac Simon et est réinvesti ailleurs, mais ici, on nous néglige. On a laissé aller le Lodge. Pendant longtemps, on a laissé le bâtiment à l’abandon. Je pense qu’on nous doit bien ça. »

En plus de la pétition qu’elle continue de faire circuler sur www.change.org, Mme Tremblay a interpellé la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie de Roy, de même que le député de Papineau et ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour demander leur appui.

« La Sépaq doit donner l’exemple »

Le maire de Duhamel, David Pharand, a bon espoir que la Sépaq tiendra compte du pouls de la population lorsque viendra le temps de trancher dans le dossier du Lodge. La municipalité doit maintenir ses acquis en termes de patrimoine bâti, plaide le premier magistrat. 

Au début 2019, Duhamel a perdu le « Kariza », cette bâtisse qui était située à l’intersection de la route 321 et de la rue Principale et qui datait de 1874, rappelle-t-il. L’immeuble avait abrité au fil des décennies le bureau de poste du village et la banque provinciale, notamment, avant d’être convertie en lieu d’hébergement et en restaurant. L’édifice a finalement été réduit en poussières par son propriétaire, il y a deux ans.

« Je sens que la Sépaq est sensible à la volonté des citoyens d’avoir un mot à dire sur la façon dont on gère le patrimoine sur les terres publiques. On a perdu de beaux bâtiments dans la réserve faunique Papineau-Labelle, souvent parce qu’ils sont restés trop longtemps à l’abandon. Ce qu’on souhaite, c’est que la Sépaq prenne le temps de bien entretenir les bâtiments qui ont une valeur historique. Dans le cas du Centre touristique du Lac-Simon, la Sépaq doit donner l’exemple d’une saine gestion de ses actifs parce qu’on lui a confié cette tâche », soutient M. Pharand.

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PAS DE DÉCISION ET AUCUN ÉCHÉANCIER FIXÉ POUR LE MOMENT

À la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), on indique que l’avenir du Lodge du Centre touristique du Lac-Simon est encore indéterminé et qu’aucun échéancier n’a pour le moment été fixé quant à savoir si les lieux seront restaurés ou démolis et ensuite reconstruits.

Quoi qu’il en soit, on se défend au sein de la société d’État d’avoir négligé l’état du bâtiment. «La Sépaq accorde une grande importance à la protection du patrimoine bâti dans ses territoires et investit chaque année dans sa mise en valeur. Au fil des ans, la Sépaq a fait les travaux d’entretien nécessaires sur ce bâtiment construit au milieu des années 40. La Sépaq planifiait à terme de le restaurer entièrement», indique le porte-parole de l’organisation, Simon Boivin, dans un courriel envoyé au Droit.  

M. Boivin précise que la société d’État a consulté des «autorités et organismes compétents en la matière» afin de vérifier si le Lodge correspondait aux critères établis permettant de classer le bâtiment comme patrimonial, mais ce n’est pas le cas. 

«La Sépaq a néanmoins mandaté un organisme expert afin de vérifier si, au-delà de la structure au sens strict, le rôle rassembleur tenu dans la région par le Lodge à travers les décennies lui confère une valeur particulière sur le plan du patrimoine humain. La valeur du bâtiment en termes de patrimoines bâti et humain est primordiale dans l’appréciation des coûts de restauration que la Sépaq peut justifier à titre de gestionnaire public rigoureux», mentionne le porte-parole.

Une nouvelle analyse des coûts de restauration sera demandée par la Sépaq afin d’obtenir «la certitude que les paramètres qui serviront à la prise de décision seront solidement appuyés, particulièrement en ce qui concerne la décontamination», précise
M. Boivin.

«Quelle que soit la solution retenue – la restauration ou la reconstruction – il est certain que le futur bâtiment viendra renforcer des éléments du Lodge actuel afin de faire vivre son histoire et préserver l’esprit des lieux», ajoute le porte-parole.

 


La mobilisation pour la sauvegarde du Lodge du lac Simon gagne du terrain
Benoit Sabourin
27 avril 2021

La mobilisation visant à sauver de la démolition le Lodge du Centre touristique du Lac-Simon, à Duhamel, gagne des appuis. 

La Société d’histoire de l’Outaouais (SHO) a fait parvenir lundi une lettre à André Despatie, le directeur général des parcs nationaux et campings à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), dans laquelle l’organisme demande au gestionnaire du Centre touristique du Lac-Simon «de restaurer et de mettre en valeur» le bâtiment qui est vacant depuis deux ans et dont l’avenir est en suspens depuis les derniers mois.

«Ce bâtiment fait partie du patrimoine de villégiature de Duhamel, de la Petite-Nation et de l’Outaouais. Il est un témoin important de l’histoire de l’Outaouais et plus particulièrement pour la Petite-Nation, Duhamel et le secteur du lac Simon. Il s’avère également un des rares bâtiments patrimoniaux de Duhamel et du lac Simon. De plus, ce lodge somptueux en bois s’avère une grande richesse architecturale. Par surcroît, il est l’un des derniers bâtiments de ce genre en Outaouais. Par ailleurs, ce magnifique lodge, qui servait autrefois d’auberge et de lieu de réception pour les dirigeants de la compagnie Singer, est l’un des derniers témoins du patrimoine bâti de cette compagnie, qui a joué un rôle très important, pendant plus de 50 ans, dans l’économie de la Petite Nation et de l’Outaouais», écrit le président de la SHO, Michel Prévost, dans la missive dont Le Droit a obtenu copie.

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