mercredi 7 avril 2021

Petite Nation: L’exploitation Du Graphite, Une Industrie Qui Convoite La Région

NON à la mine La Loutre de Lomiko !   




L’exploitation du graphite, une industrie qui convoite la région

Charlotte  Leblanc-Haentjens

Mercredi 7 avril 2021

Le Journal Les 2 vallées



À la suite de l’apparition du projet minier à Saint-Michel-des-Saints dans Lanaudière, la région de la Petite-Nation se prépare à devoir confronter cette réalité de plus près.


La nouvelle du développement de Matawinie, piloté par l’entreprise Nouveau Monde Graphite, fait réagir la population du sud du Québec. Les régions voisines des Laurentides et de l’Outaouais étant tout autant sollicitées pour ce minerai, populaire pour la création de batteries faisant battre le cœur des voitures électriques, s’inquiètent de leur sort.


Le maire de Duhamel, David Pharand, est très impliqué au sein du dossier qui englobe ces questions, avec la MRC Papineau. D’ailleurs, il en a été désigné le porte-parole. « Nous avons dressé une étude démontrant que plusieurs de nos territoires s’avèrent incompatibles avec l’activité minière, indique-t-il. Toutefois, le gouvernement nous a retourné le rapport en disant que ça ne correspondait pas à tous leurs critères. »


Au sein de cette étude, il y est mentionné à titre d’exemple le lac d’Argile, à Val-des- Bois, entre autres. « Ce plan d’eau, qui est bordé d’un terrain de golf et de camping, aurait un potentiel minier de 40 %. Or, pour ceux qui connaissent cette source, l’idée que de tels travaux puissent y être menés s’avère tout simplement inconcevable », fait valoir M. Pharand.


Le maire explique qu’un des grands joueurs de l’acquisition du graphite au Québec est notre voisin du sud. « Nous avons fait nos recherches et nous nous sommes rendu compte que les États-Unis désirent s’affranchir de leur dépendance envers la Chine, qui se trouve à être leur principal fournisseur en cette matière. »


Dans une lettre ouverte, publiée en février dernier dans différents journaux, le porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation (RPLPN), Louis Saint-Hilaire, ainsi que le préfet de la MRC Papineau, Benoit Lauzon, l’expriment également. Ils font aussi référence à l’éventualité du développement d’une usine de batteries pour voitures électriques.


« Depuis deux ans, Québec se positionne dans la course mondiale aux solutions de rechange à l’or noir. L’argument est simple : nous avons au Québec tous les minéraux critiques et stratégiques nécessaires pour alimenter la plus grande des usines de batteries, de même que des tarifs d’électricité compétitifs. Ce marché, actuellement contrôlé par la Chine, fait saliver les Américains », peut-on lire.


D’autres leaders de la région expriment leur souhait d’être davantage entendus dans ce dossier par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. « Avec l’Union des municipalités du Québec (UMQ), nous demandons plus de souplesse de la part des dirigeants. Cette requête a été envoyée il y a quelques semaines, nous attendons des réponses des responsables », poursuit M. Pharand.


Quant au porte-parole du RPLPN, il explique le rôle du regroupement auprès des dirigeants municipaux. « Nous nous sommes joints à M. Pharand et à la MRC Papineau alors que le gouvernement retournait leur demande concernant les Territoires incompatibles à l’activité minière (TIAM), leur disant de refaire leurs devoirs. Nous travaillons présentement très fort sur cette affaire », mentionne-t-il. 


PROJET À LAC-DES-PLAGES

Il souligne également l’existence d’un projet de forage à Lac-des-Plages, mené par l’entreprise Lomiko Metals, basée en Colombie- Britannique, qui s’intéresse à la ressource du graphite. « Certaines de leurs explorations dans le sol ont lieu à environ 500 mètres du lac Doré. Cela pourrait déjà comporter des risques pour la communauté, ainsi que pour la nature », fait valoir le porte-parole.


Le regroupement n’est pas favorable à ce genre de développement sur le territoire. « Disons-le, personne n’est venu s’installer près d’un lac pour se trouver près d’une mine. Aussi, les gens ne semblent pas faire la différence entre une carrière et une mine à ciel ouvert. Un développement comme à Saint-Michel-des-Saint, c’est la grosseur du lac Doré et trois fois plus profond ».


Ce qu’explique ce défenseur de la nature est que ce genre d’industrie peut s’avérer excessivement nocive pour l’écologie. « Ces travaux se déploient sur plusieurs kilomètres. Ça comprend aussi du dynamitage, tous les jours. Sans parler du transport ainsi que les risques de contamination. Seulement 5 à 6 % de graphite se trouve dans le sous-sol. Le reste, après ça, ce n’est plus bon. »


Enfin, il ajoute que le sud du Québec n’est pas habitué à ce contexte minier, comme le serait la Côte-Nord par exemple. D’ailleurs, la MRC serait avant-gardiste dans ce dossier, sonnant l’alarme aux secteurs avoisinants.


« Ça aura une empreinte importante sur le paysage. Nous travaillons donc aussi sur la notion d’acceptabilité sociale. Nous avons fait circuler une résolution disant que nous nous opposons à un tel développement, et 10 municipalités du nord au sud de la Petite-Nation nous appuient. » 


IMPUISSANCE

Le maire de Lac-des-Plages, Louis Venne, se dit quelque peu impuissant face à tout ce manège. « Les gens viennent nous voir en pensant que nous avons du pouvoir. Mais les municipalités n’ont pas grand-chose à dire, au bout du compte. Ce ne sont pas des petits conseils municipaux qui vont les empêcher », s’attriste-t-il.


Or, selon M. Venne, il ne faut pas trop s’alarmer. Celui-ci a déjà fait face à un premier projet d’exploration de graphite, dans les années 1990. Celui-ci semble avoir avorté. « On en entend plus parler. À l’époque, ce qu’on m’avait dit, c’est que les Chinois détenaient 80 % du marché. Quand ils ont réduit les prix, l’exploitation ici ne valait plus la peine. »


Toutefois, M. Venne se souvient que les membres de son conseil municipal s’étaient entretenus avec la compagnie. La municipalité avait émis une requête afin qu’il y ait cautionnement. « Il faut jouer le jeu, parce qu’on n’est pas en position de dire non. Nous avons demandé du cautionnement, soit que la compagnie était responsable de prendre soin du lieu une fois l’excavation terminée. Ça, le gouvernement n’a pas le choix de le payer. »


Ce dernier exprime que sa population est divisée sur la question. « Certains défendent des valeurs environnementales, ce qui comprend leurs biens à eux. D’autres, les plus jeunes, ceux qui peuvent encore travailler, y voient une opportunité. Mais, je ne crois pas qu’on puisse en retirer grand-chose, à moins que nous traitions la matière sur place. »


L’élu invite finalement à prendre du recul, défendant que le développement technologique, mêlé à d’autres circonstances, puisse faire virer le vent. « En Israël, les batteries pour voiture électrique qu’ils sont en train de créer seraient beaucoup plus performantes. Celles-ci utiliseraient plutôt le lithium. Nous sommes aussi à l’ère de l’hydrologie, alors qui sait ce que l’avenir nous réserve », nuance-t-il.


Le PDG de la compagnie Lomiko Metals, Paul Gills, informe qu’un deuxième site de forage les intéressait davantage que celui se trouvant aux abords du lac Doré. « Nous disposons de deux endroits où nous menons nos activités de fouille. Celui qui nous interpelle se situe dans le coin du lac Bélanger, au nord-est », confirme M. Gills.


Les raisons soulevées sont que la matière se trouverait plus près de la surface et qu’elle s’avérerait plus pure également. « Là-bas, nous avons percé jusqu’à 150 mètres de profondeur. Nous voulons y mener une étude économique qui prendrait en compte l’écologie, la rentabilité de la mine ainsi que les composantes géologiques du site en question », rapporte-t-il.

 

mardi 6 avril 2021

Des Veines de Biodiversité au Coeur de la Petite-Nation

 


Des veines de biodiversité au coeur de la Petite-Nation
Charlotte  Leblanc-Haentjens
Mercredi 7 avril 2021

Un plan portant sur la conservation et la connectivité de la biodiversité du territoire a été partagé lors du Colloque de l’ISFORT, la semaine dernière.

Le maire de Duhamel ainsi que porte-parole du dossier de la biodiversité de la MRC Papineau, David Pharand, compte déposer au conseil des maires un plan d’action prochainement. Celuici concerne la protection de l’environnement, dont sa continuité entre les lieux déjà protégés. « Je suis certain que l’ensemble des maires va adopter ce plan », fait-il valoir.

Un angle qui intéresse le maire est la question d’accessibilité sociale. Ce terme désigne les développements qui s’avèrent viables aux yeux des citoyens, notamment au niveau des impacts de l’exploitation des ressources naturelles sur leur réalité. «  L’accessibilité sociale est un enjeu que nous tentons de défendre auprès de notre gouvernement », poursuit le maire.

L’ingénieur forestier à la MRC de Papineau, Jean-Francois Larrivée, explique qu’il y a six territoires d’intérêt écologique importants pour la région. Parmi eux figurent la Forêt-la-Blanche ainsi que les réserves Mashkiki et Papineau-Labelle. « Nous désirons maintenir une connectivité écologique sur le territoire, donc relier tout ça », explique-t-il. Quarante pour cent des terres de la MRC Papineau seraient des biens publics, se trouvant majoritairement au nord-ouest du périmètre régional. « C’est important de s’assurer qu’elles demeurent protégées, dit M. Larrivée. Les rivières sont également de grands axes à considérer dans la façon dont nous voudrons créer des corridors verts. »

Quarante pour cent des terres de la MRC Papineau seraient des biens publics, se trouvant majoritairement au nord-ouest du périmètre régional. « C’est important de s’assurer qu’elles demeurent protégées, dit M. Larrivée. Les rivières sont également de grands axes à considérer dans la façon dont nous voudrons créer des corridors verts. »

Un appui de 50 000 $ provenant du ministère de l’Environnement a permis le développement de ces travaux, dont l’organisation d’un forum, l’inventaire botanique de toutes les espèces constituant les forêts locales ainsi que des tests concernant cette connectivité.

« Trente-cinq plantes rares ont été recensées dans 340 endroits différents, dont le caryer ovale et le genévrier de Virginie. Nous étions surpris de voir ce genévrier ici, puisqu’il se trouve généralement plus au sud, poursuit M. Larrivée. Les hot spot de cette flore exceptionnelle se trouvent dans les collines de Fassett, où, à cause du relief, peu de développement a eu lieu, ainsi que sur les berges de Papineauville. »

Il est donc question de 700  kilomètres de routes écologiques qui pourraient dessiner la région, selon le plan proposé qui sera déposé cet été. Or, ces aires devront être rendues accessibles au marché. « On s’est rendu compte qu’il n’était pas possible d’exclure l’industrie immobilière. Toutefois, nous inviterons les acheteurs à dresser des inventaires écologiques des lieux et un développement vert sera exigé. »

 

dimanche 28 mars 2021

Milieu Humide et Hydrique: Les Citoyens Invités à Participer au Plan Régional

 


Milieu humide et hydrique: Les citoyens invités à participer au plan régional
28 mars 2021 

Les différentes MRC du Québec sont dans l’obligation de préparer un premier Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH) pour mieux concevoir le développement futur et c’est avec les citoyens que le plan va se préparer en Outaouais.

Les quatre MRC se sont regroupées pour travailler avec le Conseil régional du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) pour ce plan qui est une nouvelle obligation du gouvernement.

Dans les faits, ce nouveau plan qui sera adopté par les MRC permettra de connaître tous les milieux humides sur les terrains privés, de même que les milieux hydriques (lac, rivière, etc.). De plus, une valeur sera donnée à chacun de ces milieux.

Ce plan, une fois établi, deviendra donc un outil supplémentaire pour les municipalités dans leurs projets de développement. Il se situera au-dessus du schéma d’aménagement qui est le document qui donne les grandes lignes des affectations (résidentiel, commercial, industriel, etc.) sur chaque territoire.

« C’est un outil qui sert à réfléchir et planifier en amont du développement territorial.», indique Madelaine Rouleau, chargée de projet pour les PRMHH

« Ce qui arrivait souvent, c’est qu’on y allait avec les informations qu’on avait. On accepte les projets avec les règles d’urbanisme et en cours de route, on s’aperçoit qu’il y a un milieu humide. Et là, il faut qu’on s’embarque dans des procédures d’autorisation. »

Avec le nouveau plan, les municipalités connaîtront ces milieux avant d’accepter les projets et aussi sauront quelles mesures ils peuvent prendre. Par exemple, certains milieux auront une valeur trop importante qui ne permettra pas de les modifier. D’autres pourraient avec quelques modifications , alors que certains pourraient faire l’objet d’une mesure de remplacement.

Important

Pour Mme Rouleau, ce travail sera important dans la vision de développement des municipalités puisque les milieux humides et hydriques jouent un rôle majeur dans leur territoire. « Ils rendent des services qui sont gratuits et quand on les détruit, on est obligé de payer par la suite », explique-t-elle.

Et les milieux humides en particulier sont de moins en moins présents au Québec d’où l’importance de les préserver, selon elle. Surtout dans les régions comme l’Outaouais. « La région de l’Outaouais est très chanceuse parce qu’elle a encore beaucoup de milieux humides. »

Consultation

Dans ce cadre de ce projet, le CREDDO lance une première démarche auprès des citoyens des quatre MRC en les invitant à répondre à un sondage avant le 15 avril pour partager leur vision des milieux humides et hydriques.

Ce processus sera suivi d’activités grand public au mois de mai et juin pour échanger avec les citoyens sur cette question et avoir l’avis du public sur les enjeux et les opportunités touchant ces milieux.

Le travail va se poursuivre jusqu’en 2022 alors que les MRC doivent déposer leur plan à Québec avant juin.  

Sondage et information additionnelle : www.creddo.ca/prmhh

jeudi 25 mars 2021

Lac Simon: Avis de Consultations - Nouveau Plan & Règlements d'Urbanisme

AVIS DE CONSULTATION ÉCRITE DU 24 MARS AU 8 AVRIL

NOUVEAU PLAN ET NOUVEAUX RÈGLEMENTS D’URBANISME 
 
Le 12 mars dernier, le Conseil a adopté différents projets de règlements visant à remplacer le plan et les règlements d’urbanisme actuellement en vigueur. Un processus de consultation écrite débute le 24 mars et durera jusqu’au 8 avril. Vous êtes invités à consulter l’avis public pour connaître les technicalités de la consultation et à visionner les capsules vidéos informatives mises en ligne sur le site internet de la Municipalité, au www.lac-simon.net, sous les rubriques « Services aux citoyens / Urbanisme et environnement / Urbanisme ».
 






lundi 8 mars 2021

Le Spectre du Développement Minier Toujours bien Présent dans la Petite-Nation

NON à la mine La Loutre de Lomiko !  
 
 
 
Le Spectre du Développement Minier Toujours bien Présent dans la Petite-Nation
Benoit Sabourin 
8 mars 2021
 
Alors que Québec a autorisé le mois dernier un projet de mine de graphite à ciel ouvert à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, des citoyens et élus de l’Outaouais continuent de presser le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec (MERN), Jonatan Julien, à modifier le règlement des Territoires incompatibles à l’activité minière (TIAM) dans le but de permettre aux Municipalités régionales de comté (MRC) d’avoir un plus grand rôle à jouer sur ce plan.

L’entreprise Nouveau monde graphite a obtenu l’autorisation de développer une mine à Saint-Michel-des-Saints par le biais d’un décret gouvernemental reçu en février.

Le site minier, dont l’exploitation commerciale devrait débuter en 2023, représente un projet de 350 M$. Son exploitation doit s’étendre sur une durée de 25 ans. Le graphite qui sortira de la fosse d’une longueur de 2,6 kilomètres servira à la fabrication de batteries pour les véhicules électriques.

Selon le porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation (RPLPN), Louis St-Hilaire, dont l’organisation représente quelque 1000 riverains dans la région de la MRC de Papineau, ce projet vient confirmer que les régions de l’Outaouais, des Laurentides et de Lanaudière ont un véritable potentiel de «boom minier» dans le contexte où la stratégie d’électrification des transports du gouvernement du Québec est désormais bien établie.

«Le projet de Nouveau monde graphite, dans Lanaudière, est une porte ouverte pour développer le sud du Québec. Depuis que ce projet a été annoncé, le projet La Loutre, en Outaouais, a commencé à lever des fonds. C’est sûr qu’il va y avoir de l’activité dans la MRC de Papineau. Tout ce qui s’appelle graphite dans les derniers temps, les actions ont grimpé», lance M. St-Hilaire.

Le projet La Loutre, auquel fait référence M. St-Hilaire, c’est ce gisement de graphite en exploration depuis plusieurs années, propriété de l’entreprise Lomiko Metals. Le site sous la loupe de la minière est situé à proximité du lac Gagnon, entre les municipalités de Duhamel et Lac-des-Plages, dans la Petite-Nation.

M. St-Hilaire, qui souhaite que le gouvernement du Québec donne une plus grande latitude aux MRC afin qu’elles puissent elles-même sélectionner leurs territoires incompatibles avec les activités minières dans le but d’éviter que des mines à ciel ouvert soient aménagées dans des secteurs de villégiature, se dit inquiet de voir que Québec ait donné le feu vert à Nouveau monde graphite alors que les études environnementales n’ont même pas encore été complétées.

«Depuis un an, c’est difficile de parler d’autres choses que de la pandémie et de mobiliser la population. On ne regarde pas trop ce qui passe, mais pendant ce temps, les compagnies lèvent de l’argent et les projets avancent. La journée qu’une compagnie découvre un gisement aussi gros que Nouveau monde graphite, n’essayez pas d’arrêter ça. Nos inquiétudes ont augmenté parce qu’on voit que les projets peuvent être acceptés même si toutes les règles de l’environnement ne sont pas respectées, même si les problèmes d’acceptabilité sociale ne sont pas réglés et même si les communautés autochtones n’ont pas endossé le projet», déplore le porte-parole du RPLPN.

Exploration terminée pour Lomiko Metals

En entrevue avec Le Droit, le président et directeur général de Lomiko Metals, Paul Gill, a indiqué que l’étape du forage venait tout juste de se terminer sur le site du projet La Loutre, après trois ans d’exploration sur les 42 claims miniers qui s’étendent sur 25 kilomètres carrés, entre Duhamel et Lac-des-Plages.

L’entreprise, dont le siège social est basé à Surrey, en Colombie-Britannique, prévoit maintenant préparer des études préliminaires sur les impacts environnementaux et économiques d’une éventuelle mine sur le site.

Selon M. Gill, il est prématuré d’affirmer que le projet La Loutre verra le jour éventuellement, même si Lomiko Metals a amassé depuis décembre dernier 2 M$ pour financer son chantier estimé à 200 M$ et que les forages ont permis de découvrir un potentiel exploitable de dizaines de millions de tonnes de graphite dans le sol.

«Les mines ne sont pas découvertes. Elles sont construites. Il y a tellement d’argent qui doit être investi et tellement d’étapes et d’études qui doivent être réalisées avant que ça se concrétise. C’est un processus difficile. Il n’y a aucune assurance que le projet va voir le jour. Le projet progresse pour obtenir un permis, mais je ne peux pas me prononcer davantage pour l’instant», a-t-il mentionné, tout en ajoutant que son entreprise allait s’assurer de consulter la communauté et d’obtenir l’acceptabilité sociale.

Un plus grand pouvoir aux MRC

Le préfet de la MRC de Papineau et maire de Thurso, Benoît Lauzon, confirme que des démarches sont toujours en cours pour tenter de convaincre le ministre Jonatan Julien de modifier le règlement sur le TIAM.

En 2020, la MRC de Papineau a fait parvenir sa carte des TIAM au MERN, dans laquelle elle réclamait 10% de superficie supplémentaire de territoires à protéger par rapport à ce que le gouvernement permet en vertu des critères de la Loi sur les mines.

«Ce sont certains secteurs importants au niveau du tourisme ou de la villégiature qu’on souhaite voir faire partie des territoires incompatibles avec les activités minières. Des mines, on en veut sur notre territoire, mais pas n’importe où», explique M. Lauzon.

La carte proposée par la MRC a toutefois été rejetée par les fonctionnaires du MERN. Le dossier sera maintenant acheminé à l’Union des municipalités du Québec, confirme M. Lauzon, alors que d’autres Municipalités régionales de comtés réclament les mêmes changements au règlement.

«On est capable de bien protéger nos milieux urbains. On ne veut pas avoir deux classes de citoyens dans notre MRC. Nos villégiateurs ne sont pas des citoyens de deuxième ordre. Si on dit qu’il ne peut pas y avoir de mine à moins de 1000 mètres d’un périmètre urbain, ça doit être la même règle qui s’applique en zone de villégiature. C’est ce qu’on demande.»

 

dimanche 28 février 2021

Exploitation Minière: Une bombe à Retardement dans un Paradis de Plein Air

Mine de graphite du projet La Loutre
 

Exploitation minière: Une bombe à retardement dans un paradis de plein air

Édition du 28 février 2021

La Presse

En autorisant un mégaprojet de mine à ciel ouvert tout près du parc du Mont-Tremblant, Québec ouvre grande la porte à l’exploitation minière dans le sud du Québec

Peu de gens le savent, mais les territoires des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais renferment les principaux gisements de graphite au Canada. Le projet tout juste autorisé de mine à ciel ouvert de Nouveau Monde Graphite aura une empreinte considérable sur l’environnement. La compagnie prévoit une fosse de 2,7 km de longueur par 250 mètres de profondeur, ce qui en ferait la plus importante mine de graphite du continent. Et c’est sans compter les montagnes de résidus toxiques et les bassins de décantation.

L’empressement de Québec de donner son autorisation alors que de nombreuses demandes du BAPE n’ont pas reçu de réponses en dit long sur la priorité que le gouvernement accorde à son Plan de valorisation des minéraux critiques et stratégiques. Québec, déjà copropriétaire de Nemaska Lithium, peut maintenant remplir sa promesse d’approvisionnement à toute multinationale qui voudrait implanter ici une méga-usine de batteries de véhicules électriques (BVE).

Déjà, un vaste réseau de claims miniers parcourt ces territoires de plein air, de récréotourisme et de villégiature qui, depuis la pandémie, sont plus que jamais devenus l’oxygène des citadins. Certains projets sont au niveau des forages et des études de préfaisabilité et pourraient se développer rapidement.

Particulièrement à risque sont les lacs et les rivières, les réserves fauniques, les terres de la Couronne et tous les terrains qui les bordent. Un très grand nombre de villégiateurs pourraient se retrouver avec des voisins des plus indésirables.

Depuis deux ans, Québec se positionne dans la course mondiale aux solutions de rechange à l’or noir. L’argument est simple : nous avons au Québec tous les minéraux critiques et stratégiques nécessaires pour alimenter la plus grande des usines de batteries, de même que des tarifs d’électricité compétitifs. Ce marché, actuellement contrôlé par la Chine, fait saliver les Américains. Le 30 septembre dernier, Donald Trump a signé un décret exécutif encourageant le développement de projets miniers de minéraux critiques et stratégiques à travers l’Amérique, décret qui a depuis été bonifié et chiffré par Joe Biden. C’est maintenant une question de sécurité nationale pour les États-Unis et, bien sûr, de gros sous.

Une annonce-surprise à venir ?

Le gouvernement Legault parle très peu de ce dossier, qui est en voie de devenir son principal projet économique, la stratégie étant probablement d’arriver avec une annonce-surprise de l’implantation d’un géant des batteries de véhicules électriques. Bien sûr, le gouvernement pense création d’emplois, mais la question à laquelle on n’a pas répondu (en bonne partie parce qu’elle n’a pas été posée), c’est : à quel coût pour la nature et les collectivités locales ?

Au Québec, l’industrie minière représente une activité économique importante, mais comme tout se passe dans le Nord ou dans le Grand Nord, très peu de gens en comprennent les règles et le fonctionnement. Avec l’arrivée de mines dans le Sud, les citoyens vont en apprendre plus sur la prépondérance de la Loi sur les mines, surtout sur tout ce qui touche l’aménagement du territoire.

Il ne faut alors pas se surprendre de toute la publicité que l’industrie minière se paie actuellement dans les grands médias pour vanter ses bienfaits.

Le règlement des Territoires incompatibles à l’activité minière peut permettre aux municipalités régionales de comté (MRC) de soustraire certains territoires au domaine minier en zone plus urbanisée mais, dans la pratique, il s’avère très inefficace. Les critères pour définir les territoires incompatibles à l’activité minière sont tellement restrictifs qu’un nombre très limité de MRC sont parvenues à faire accepter leurs cartes. La Loi sur les mines ayant préséance sur leur schéma d’aménagement, les MRC ne peuvent protéger de vastes territoires importants pour leurs citoyens. Un exemple : tout juste à l’ouest de Montréal, la MRC de Vaudreuil-Soulanges, qui compte 160 000 personnes, n’arrive pas à soustraire le mont Rigaud de l’activité minière. Si on n’arrive pas à protéger le mont Rigaud, imaginez ce qu’il pourrait advenir des joyaux de la Couronne que sont les montagnes et les cours d’eau des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais.

Le 25 février 2020, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Julien, disait réfléchir à des modifications à la Loi sur les mines et aux règles des Territoires incompatibles à l’activité minière. C’était tout juste avant la pandémie. Depuis, silence radio. Avec l’autorisation du projet de Nouveau Monde Graphite un an plus tard, le gouvernement vient de parler. Les multinationales ont compris. Pour les citoyens, enfermés dans l’actualité pandémique, il pourrait être trop tard.




 

samedi 27 février 2021

Le lac Simon Révèle ses Secrets

 

Le lac Simon révèle ses secrets
Benoit Sabourin
27 février 2021
 
Les circonstances qui ont entraîné le naufrage d’un bateau à vapeur dont l’épave dort depuis des décennies dans les profondeurs du lac Simon, dans la Petite-Nation, seront prochainement connues du grand public.

Une équipe de tournage du Groupe PVP était de passage à Duhamel, du 15 au 17 février, afin d’enregistrer un épisode de la série documentaire Mystères des lacs, qui sera diffusée l’été prochain sur les ondes d’Unis TV.

L’épisode en question portera sur une épave qui repose sous l’eau, à une cinquantaine de pieds au large de la plage du Centre touristique du Lac-Simon, en Outaouais.

Idéateur, recherchiste, consultant, coscénariste et personnage principal, avec le réputé plongeur et explorateur Mario Cyr, de la série télévisée Mystères des lacs, Samuel Côté est le seul chasseur d’épaves à vivre exclusivement de ses recherches au Québec.

« L’épave du lac Simon est connue par les plongeurs, mais on ne peut pas en dire autant de son histoire. C’est ce qui m’a intéressé avec ce cas », lance Samuel Côté.

Le travail de recherche pour documenter l’embarcation de 50 pieds de long qui aurait coulé avant les années 1960 – on ignore la date exacte de son naufrage – n’a pas été de tout repos, reconnaît l’historien maritime de 36 ans qui est natif de la petite municipalité de Price, dans le Bas-Saint-Laurent, et dont la passion pour la collecte de données sur les épaves remonte à l’adolescence.

 

vendredi 8 janvier 2021

Un Centre de Villégiature écotouristique dans les Cartons à Lac-Simon !?

 


Un centre de villégiature écotouristique dans les cartons à Lac-Simon 
Benoit Sabourin
8 janvier 2021 
 
La municipalité de Lac-Simon, dont la réputation de «paradis du vacancier» n’est plus à faire, pourrait bien accueillir une nouvelle attraction d’envergure sur son territoire dès l’été prochain, alors que des investisseurs privés projettent de développer un centre de villégiature en pleine forêt, aux abords de la rivière de la Petite-Nation, à un jet de pierre des chutes Lockbow, a appris Le Droit.

Le projet de «parc écotouristique des chutes Oxbow» – il s’agit du nom alternatif donné aux chutes Lockbow – est mené par Normand Turcotte et Marie Morin.

André Piché, directeur général du Parc des chutes Coulonge, ce centre d’interprétation de la drave et parc d’aventures aériennes situé dans le Pontiac, est aussi partenaire du projet dont le montage financier est estimé à 2,7 M$.

M. Piché a également travaillé durant 11 ans pour l’entreprise Prisme Canada qui est notamment réputée pour avoir développé les circuits via ferrata du Mont-Tremblant, du Fjord du Saguenay et de la chute Montmorency.

M. Turcotte et Mme Morin sont propriétaires depuis 2001 d’une immense propriété de 130 acres située entre la route 315 et la rivière Petite-Nation. Ce n’est qu’à l’automne dernier, après quelques tentatives de mises sur le marché infructueuses, que l’idée de transformer leur vaste terrain longeant l’affluent sur une distance de 1,8 kilomètre en futur parc écotouristique a pris naissance. (...)